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Bulletin Quotidien Europe N° 12256
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INSTITUTIONNEL / Transparence

Un rapport de Corporate Europe Observatory pointe les contradictions des « partis de droite autoritaires européens »

Il existe un contraste saisissant entre les discours « anti-establishment » et anticorruption des « partis de droite autoritaires européens » et leurs actions concrètes, notamment au Parlement européen, estime un rapport de Corporate Europe Observatory (CEO) publié mercredi 15 mai. 

Selon cette ONG, alors que ces partis politiques recourent sans cesse à une rhétorique basée sur le rejet des « élites politiques et commerciales » existantes, en se déclarant les défenseurs du « peuple », leurs actions racontent une tout autre histoire. 

Ce constat provient essentiellement d’une analyse des votes au Parlement européen, entre 2014 et 2019, de quatorze « partis de droite autoritaires européens », parmi lesquels le Rassemblement national (France), Fidesz (Hongrie) et la Lega (Italie), sur des textes destinés à avoir une influence sur les travailleurs et les droits sociaux. 

Sur cette base, les auteurs du rapport arrivent à la conclusion qu’au moment de voter, ces partis n’ont pas soutenu les politiques visant à défendre les intérêts des travailleurs ou les communautés à faibles revenus. 

Ils soulignent notamment qu’aucun des partis étudiés n’a voté en faveur d’un taux minimum de 25 % d’imposition des sociétés dans tous les États membres, tandis que presque tous ont voté contre la création d’une autorité paneuropéenne de fraude fiscale ou se sont abstenus. En outre, à l’exception des Démocrates de Suède, tous les partis étudiés se sont opposés à une proposition de directive visant à promouvoir un « travail décent » pour tous les travailleurs.  

Contacté par l’ONG, un eurodéputé de l’AfD (Allemagne) - seul parti à avoir répondu aux questions de celle-ci -, aurait fait valoir que les votes de son parti s’expliquent par le fait qu’ils sont opposés à toute implication de l’UE dans la souveraineté fiscale des États membres et souhaitent améliorer la subsidiarité (principe inscrit dans le Traité sur l’Union européenne, qui entend protéger la capacité de décision et d’action des États membres). 

Un argument jugé peu convaincant par CEO, car tous les partis analysés, y compris l’AfD, ont voté en faveur d’une taxe paneuropéenne de 3 % sur les services numériques, une mesure qui, au nom de la défense de la souveraineté nationale et du principe de subsidiarité, aurait dû être rejetée par ces partis. 

Le rapport souligne en outre les liens étroits entre nombre de ces partis et des millionnaires ou de riches multinationales, ainsi que les nombreuses accusations de corruption qui entourent certains d'entre eux. 

Pour consulter le rapport : https://bit.ly/2YxMXZc.  (Damien Genicot - stage)

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