login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12248
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Les attentes de plusieurs Spitzenkandidaten pour le sommet de Sibiu

À deux jours de la réunion informelle des vingt-sept chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne, qui se tiendra à Sibiu (Roumanie) jeudi 9 mai, EUROPE a recueilli les attentes concernant ce sommet de plusieurs candidats têtes de liste (Spitzenkandidaten) des partis politiques européens en vue des élections européennes fin mai. 

Chrétiens-démocrates. L'entourage du Spitzenkandidat du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, n'a pas fait de commentaire spécifique. 

Lors du débat entre candidats têtes de liste organisé par l'Institut européen de Florence (EUROPE 12246/2), le chrétien-démocrate allemand avait réitéré quelques-unes des priorités de campagne de sa famille politique : la mise sur pied d'un FBI européen et l'anticipation à 2022 de l'octroi de 10 000 agents à l'Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes (ex-Frontex). Il préconise aussi une interdiction au niveau mondial du travail infantile et du plastique à usage unique. D'un point de vue institutionnel, il prône un nouveau mécanisme pour le respect de l'État de droit dans l'UE, la réduction de la taille de la fonction publique européenne ainsi que la suppression de 1 000 règlementations européennes jugées superflues. 

Jeudi, les leaders du PPE se réuniront à Sibiu en amont du sommet. La question du maintien du parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, au sein du parti politique européen - il n'est aujourd'hui que suspendu - pourrait à nouveau ressurgir (EUROPE 12248/3). 

Socialistes. Au sein des sociaux-démocrates, c’est le président du groupe S&D au Parlement européen, l’allemand Udo Bullmann, qui a exprimé ses attentes. « Le sommet de Sibiu est une chance pour les dirigeants européens d’envoyer le message tant nécessaire de renouvellement pour l’Union européenne », a-t-il affirmé. 

« Pour nous, socialistes et démocrates, il est clair que nous ne pouvons pas aller de l’avant dans le paradigme actuel, quand notre planète est placée sous une menace historique et que des enfants vivent dans la pauvreté alors que des grandes entreprises ne paient presque pas de taxes », a-t-il ajouté. 

Selon lui, du fait d’une domination des forces conservatrices ces dernières années, l’UE n’a pu apporter les réponses nécessaires à ces défis, donnant lieu à une montée des forces nationalistes et d’extrême droite. Il espère donc que les dirigeants européens saisiront « l’opportunité de faire un important pas en avant dans ce renouvellement nécessaire à Sibiu ». 

Le Spitzenkandidat du Parti socialiste européen est l’actuel commissaire européen néerlandais, Frans Timmermans. 

Libéraux. Les membres de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) n’ont pas élaboré une vision commune concernant leurs attentes vis-à-vis du sommet de Sibiu. 

Les dirigeants libéraux ne prévoient pas de se réunir en 'avant-sommet' à Sibiu, a indiqué une source. Mais le Premier ministre belge, Charles Michel, a néanmoins coordonné l'organisation préalable d'une entrevue avec ses homologues libéraux en Roumanie. 

Conservateurs. Jan Zahradil, le Spitzenkandidat de l’Alliance des conservateurs et réformistes en Europe (ACRE) (EUROPE 12136/11), a fait part de son scepticisme vis-à-vis de l’intégration européenne, selon lui trop forte.

En amont du sommet de Sibiu, le conservateur tchèque a regretté qu'après de nombreuses années aux affaires, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker n'ait « toujours pas compris que l’intégration européenne trop poussée est la principale raison expliquant la résistance accrue des citoyens envers l’intégration européenne ». « Et il est triste qu’il souhaite poursuivre dans cette direction dénuée d’espoir », a-t-il ajouté. 

M. Zahradil dit espérer que les élections européennes de mai mettront fin à cette approche. 

Écologistes. Le Néerlandais Bas Eickhout, co-Spitzenkandidat du Parti vert européen (PVE) avec l'Allemande Ska Keller (EUROPE 12145/3, 12146/13), souhaite que les dirigeants européens se mettent d’accord sur une vision stratégique pour l’Europe. 

Contacté par EUROPE, M. Eickhout dit « attendre de ce sommet que les chefs d’État ou de gouvernement s’entendent sur une vision claire sur ce qu’ils estiment que l’Europe a besoin de faire ». Et cette vision doit être « accompagnée de propositions plus concrètes », a ajouté l'écologiste. 

Selon lui, tant les élections européennes de mai que cette réunion informelle des dirigeants européens doivent permettre d’établir un programme pour la nouvelle Commission européenne. 

Plus concrètement, l’eurodéputé néerlandais identifie trois priorités pour l’avenir de l’UE : l’action climatique, l’Europe sociale et la démocratie. 

Ainsi, il plaide pour « des ambitions plus hautes que celles qui ont pu être observées jusqu’ici » concernant des actions alliant politique climatique et économie du futur, tout particulièrement pour ce qui est de l’innovation et de l’emploi. En outre, l’UE doit, pour lui, parvenir à de vrais résultats au volet de la protection sociale, et il appelle les dirigeants européens à s’assurer que « tous les pays de l’Union continuent de faire prévaloir l’État de droit ». 

Enfin, relevant que les États ne parviennent habituellement à s’accorder sur les questions majeures qu’à l’occasion de crises (économie, réfugiés, Brexit), il a espéré que ceux-ci sauront prendre les devants dans une période où « les choses doivent changer », mais où « il n’y a pas de menace immédiate ». 

Gauche européenne. Le Belge Nico Cué, co-Spitzenkandidat du Parti de la gauche européenne (PGE) avec la Slovène Violeta Tomič (EUROPE 12181/13), a également fait part à EUROPE de ses attentes concernant l’avenir de l’UE. 

Le syndicaliste a d’abord évoqué la problématique migratoire, se positionnant en faveur d'« une politique humaine en matière de réfugiés, de la reconnaissance de l'apport des migrations et de la lutte contre le racisme partout où nous le trouvons ». 

Au volet socio-économique, M. Cué a souhaité aller « plus loin que les simples déclarations en faveur des droits sociaux, comme la Commission actuelle le fait ». Et il est nécessaire, d'après lui, de « mettre fin à l’austérité et d'utiliser les ressources de la Banque centrale européenne, non pas pour sauver les banques, mais pour renforcer l’emploi, la protection sociale et les services publics ». 

Enfin, il a souhaité traiter en parallèle l’action en faveur du climat et la fiscalité. « Je veux que les riches et les grandes entreprises paient leurs impôts et qu'on les utilise pour stopper le changement climatique », a-t-il conclu. 

Lundi, les représentants des Vingt-sept ont planché sur le projet de Déclaration de Sibiu, qui sera adoptée à l'issue du sommet informel (EUROPE 12247/1). 

Satisfaits des priorités stratégiques identifiées à ce stade, les Pays-Bas souhaitent notamment mettre l'accent sur la capacité de la Commission européenne à assurer le suivi de l'application sur le terrain des textes législatifs agréés en commun, sans forcément lui octroyer un rôle de sanctions. (Lucas Tripoteau, Mathieu Bion et la rédaction)

Sommaire

HOMMAGE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES