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Bulletin Quotidien Europe N° 12248
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ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

L’UE répondra à toute action illégale d'Ankara envers Chypre, prévient Mme Mogherini

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a prévenu, samedi 4 mai, la Turquie que l’UE répondrait de « manière appropriée et en pleine solidarité » avec Chypre en cas d’action illégale turque dans la zone économique exclusive chypriote. 

La Turquie a annoncé vouloir mener des activités de forage, notamment dans la ZEE de Chypre, jusqu’en septembre. 

« Nous appelons instamment la Turquie à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre dans sa zone économique exclusive et à s'abstenir de toute action illégale à laquelle l'Union européenne répondra de manière appropriée et en pleine solidarité avec Chypre », a souligné dans un communiqué Mme Mogherini. 

Interrogée sur le type de réponse qui pourrait être donnée, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, s’est refusée à toute spéculation, lundi 6 mai. Elle a ajouté que les contacts diplomatiques allaient continuer, sans donner plus de précisions. 

Tout comme l’avait fait Mme Mogherini dans son communiqué, Mme Kocijancic a rappelé la condamnation, en mars 2018, par le Conseil européen, des actions « illégales » turques en Méditerranée orientale (EUROPE 11988/5). 

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a lui aussi fait part de ses préoccupations, appelant les autorités turques à « retirer immédiatement les navires de soutien de la ZEE de Chypre ». Selon lui, l’intention turque de forer dans cette zone est « une violation du droit international » et il est du « droit souverain et entier » de Chypre d’explorer et exploiter les ressources naturelles de sa zone. Le PE avait déjà réagi aux actions turques dans la ZEE de Chypre dans une résolution du 13 novembre 2014 (EUROPE 11196/10). 

Dans un communiqué, le groupe GUE/NGL au PE a dénoncé les intentions turques, estimant que la position d’Ankara violait la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et sapait les efforts visant à la reprise des négociations sur le problème de Chypre. « La délimitation de la ZEE entre Chypre et la Turquie ne peut se faire que sur la base de l'UNCLOS et non par l'escalade des tensions en Méditerranée orientale », a estimé le groupe. 

De son côté, le ministère des Affaires étrangères turc a rejeté les critiques de Mme Mogherini, estimant que « les activités de la Turquie liées aux hydrocarbures dans la région de la Méditerranée orientale (étaient) fondées sur (ses) droits légitimes découlant du droit international ». Selon lui, c’est « l'administration chypriote grecque qui ne s'est pas abstenue de mettre en péril de manière irresponsable la sécurité et la stabilité de la région de la Méditerranée orientale, en méconnaissant les droits inaliénables sur les ressources naturelles des Chypriotes turcs, qui sont les copropriétaires de l'île de Chypre, refusant toute proposition de coopération et insistant sur ses activités unilatérales dans cette région, malgré tous nos avertissements ». (Camille-Cerise Gessant)

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