Face à la Vouli, le parlement monocaméral grec, jeudi 28 février, Pierre Moscovici, le commissaire chargé des Affaires économiques et financières, a encouragé les autorités helléniques à poursuivre leurs efforts sur le front budgétaire et des réformes.
L’intervention de M. Moscovici avait lieu au lendemain de la publication par la Commission européenne d’un second rapport au titre de la surveillance renforcée dont Athènes fait l’objet depuis la fin de la tutelle financière (EUROPE 12203, 12077).
Le commissaire a d’abord tenu à féliciter le gouvernement d’Alexis Tsipras pour avoir présenté un projet de budget pour 2019 compatible avec les termes de la sortie de l’assistance financière, soit avec un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5 % du PIB. Évoquant ces objectifs d’excédent budgétaire primaire jusqu’en 2022 (puis de 2,2 % du PIB en moyenne jusqu’en 2060), le commissaire a déclaré croire « que la Grèce sera plus solide si elle respecte les engagements pris ». « Dans le futur, on ne pourra pas vivre éternellement avec de tels surplus », a-t-il néanmoins affirmé, remarque qui fut saluée par les parlementaires grecs. Il n'a pas exclu que ces objectifs ne soient pas gravés dans le marbre : « l’avenir n’est pas écrit », a-t-il ajouté.
M. Moscovici a également félicité les autorités helléniques pour la finalisation de certaines privatisations, notamment concernant le gaz et l’aéroport international d’Athènes.
« Ce travail n’est pas achevé, il doit se poursuivre. On doit même l’intensifier dans certains domaines », a-t-il cependant déclaré.
Afin que l’Eurogroupe décide, le 11 mars, du déboursement d’une nouvelle tranche d’aide chiffrée à un milliard d’euros et correspondant aux profits réalisés par la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales au titre des opérations ‘SMP’ de rachat de dette publique grecque pendant la crise de la dette souveraine, M. Moscovici a identifié des efforts encore à réaliser. Il a ainsi rappelé qu’Athènes devrait procéder à la vente des centrales électriques au lignite et mettre en place un nouveau système de résidence principale. « Je suis convaincu qu’une décision positive est possible », a-t-il ajouté. (Lucas Tripoteau)