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Bulletin Quotidien Europe N° 12204
POLITIQUES SECTORIELLES / DÉmocratie

Désinformation, toujours aucune percée du côté des plates-formes

Les plates-formes numériques ont une nouvelle fois échoué à convaincre la Commission européenne de leur engagement pratique à lutter contre la désinformation, à l'approche des élections européennes. C'est ce qui ressort d'une déclaration conjointe publiée jeudi 28 février par les commissaires Ansip, Jourová et King. La Commission européenne se donne toutefois jusqu'à la fin de l'année 2019 avant de durcir le ton. 

« C'est vrai, il n'y a pas suffisamment de progrès. Mais il faut bien commencer quelque part. En rendant les résultats publics, vous créez une certaine pression publique sur ces entreprises qui doivent prendre leurs responsabilités, en particulier avant les élections européennes », a commenté la porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva, en réponse aux questions des journalistes. Elle s'est toutefois refusée à clarifier les mesures qui pourraient être envisagées à la fin de l'année en cas de statu quo, qualifiant l'exercice de spéculation. « Notre action préférée, c'est celle qui consiste à ne pas réguler. On préfère d'abord donner une chance aux plates-formes avant d'examiner les mesures de suivi. » 

Évaluation mensuelle 

Après une évaluation de la réponse globale au code de bonnes pratiques de l'UE en janvier (EUROPE 12182), la Commission européenne s'est engagée à évaluer chaque mois les mesures concrètes mises en place par Facebook, Google et Twitter pour lutter contre la désinformation. 

L'examen publié ce jour porte sur les progrès réalisés en janvier en matière de contrôle du placement des annonces, de transparence de la publicité politique, de fermeture de faux comptes et de systèmes de marquage des robots automatisés. Il conclut que les plates-formes « n'ont pas fourni suffisamment de détails montrant que de nouvelles politiques et de nouveaux outils sont déployés rapidement et avec des ressources suffisantes dans tous les États membres de l'UE ». 

Ainsi, il est reproché, par exemple, à Facebook de ne pas en avoir fait assez sur le placement de publicité ou de ne pas renseigner sur le nombre de faux comptes fermés. Pour Google, c'est l'absence de mesures en matière d'intégrité des services qui est ciblée. Quant à Twitter, la Commission déplore l'absence d'indicateur lié à la surveillance des emplacements d'annonces et l'intégrité des services ainsi que, contrairement aux engagements pris, de mesures liées à la transparence des annonces politiques. Le rapport peut être consulté à l'adresse suivante : https://bit.ly/2Uk25HS.  (Sophie Petitjean)

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