Le candidat tête de liste ('Spitzenkandidat') de la famille sociale-démocrate aux élections européennes de mai prochain, le Néerlandais Frans Timmermans, a énoncé, jeudi 21 février, quelques domaines sur lesquels la prochaine Commission européenne devra focaliser son attention à partir de novembre, notamment la justice sociale et le logement, alors que le Parti socialiste européen adoptera son manifeste électoral ce week-end, à Madrid (EUROPE 12155).
Il y a « deux types de réponses » à l'époque actuelle, marquée par de nombreux défis politiques, économiques, sociaux : en revenir à des « solutions nationales » qui cherchent de nouveaux ennemis ou, à défaut, des boucs émissaires, ou bien « agir de manière collective » comme le souhaite encore une majorité d'Européens, a estimé M. Timmermans, lors d'une allocution à la conférence Ideas Lab organisée par le cercle de réflexion CEPS jusqu'à vendredi 22 février.
Prônant, sans surprise, le deuxième type de réponses, le socialiste a estimé que son but pendant la campagne européenne à venir était de convaincre les Européens de « choisir l'Europe parce que nous le voulons, pas parce que nous y sommes obligés ».
Pour y parvenir, l'actuel vice-président de la Commission a évoqué plusieurs domaines où une action européenne apparaît nécessaire. À ses yeux, une réponse européenne doit être apportée au défi migratoire, et ne pas prôner uniquement la construction de murs ou de barrières. Un partenariat basé sur une « communauté de valeurs » doit être proposé à l'Afrique, en réponse notamment au défi démographique auquel ce continent va faire face. Et une stratégie industrielle européenne « cohérente » s'impose sans être ni naïfs ni paranoïaques vis-à-vis de la Chine, a ajouté M. Timmermans.
Justice sociale. Le Spitzenkandidat social-démocrate s'est aussi demandé comment favoriser la justice sociale en Europe. Tout d'abord, il convient de « parachever l'union bancaire » en zone euro, a-t-il estimé, afin d'en finir avec « le traumatisme » psychologique où des milliards d'euros servent à renflouer des banques défaillantes en cas de crise financière. Chaque État membre devrait mettre sur pied « un revenu minimum » ('minimum wage'), sans que ce revenu soit le même partout, étape qui favorisera ensuite une coordination accrue des politiques sociales.
M. Timmermans a également prôné le lancement d'un vaste programme en faveur du logement, surtout pour les jeunes. Il faut « bâtir plus et de manière durable » parce qu'un tel investissement portera ses fruits, a-t-il souligné.
Sur le paysage politique européen après les élections de mai, le socialiste néerlandais a estimé que le temps où les partis traditionnellement pro-européens gouvernaient confortablement au centre de l'échiquier politique était révolu. Il sera nécessaire d'avoir « une plus grande coalition » qu'avant et les partis s'engageant pour la construction européenne devront être prêts à faire « plus de compromis », a-t-il ajouté. (Mathieu Bion)