Le collectif #MeTooEP poursuit sa croisade contre le harcèlement sexuel. À l'occasion d'une conférence à Bruxelles, mercredi 6 février, le groupe - composé de travailleurs du Parlement européen - a appelé les candidats au poste de député européen à s'engager à combattre activement et à prévenir le harcèlement sexuel au Parlement européen durant la prochaine législature (2019-2024).
Cet appel a été lancé lors d'une conférence sur le thème du harcèlement et des abus sexuels dans les institutions et la société, à laquelle ont participé notamment la Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, ainsi que des représentantes du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme et du Conseil de l'Europe. Il prend la forme d'une déclaration à signer par les candidats au poste d'eurodéputé et qui contient 10 engagements clés, parmi lesquels celui de « combattre activement, prévenir et dénoncer le sexisme et le harcèlement sexuel ».
Cette déclaration couvre aussi la question de la formation obligatoire, qui avait largement divisé les eurodéputés lors du vote sur le rapport de Richard Corbett (S&D, britannique) sur le règlement intérieur du Parlement européen (EUROPE 12184). Le Parlement européen propose en effet depuis plusieurs mois une formation sur le respect et la dignité au travail, mais celle-ci n'est pas obligatoire et seuls 45 eurodéputés l'ont suivie. Lors du vote sur le rapport Corbett, les socialistes avaient déposé un amendement visant à rendre cette formation obligatoire, mais n'avaient pas réussi à obtenir la majorité qualifiée (350 pour, 266 contre et 28 absentions - EUROPE 12184). En conséquence, l'amendement avait été rejeté. L'appel de #MeTooEP propose donc aux candidats au poste d'eurodéputé de s'engager à suivre ladite formation et à « s'efforcer de [la] rendre obligatoire pour tous ». Le collectif #MeTooEP a assuré qu'il suivrait avec attention le processus de ratification et de mise en œuvre de cet appel. (Sophie Petitjean)