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Bulletin Quotidien Europe N° 12188
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INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Le Taoiseach assuré du soutien des Vingt-six quel que soit le scénario du Brexit

Les présidents du Conseil européen, Donald Tusk, et de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont assuré le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, en déplacement mercredi 6 février à Bruxelles du soutien et de la solidarité des Vingt-six vis-à-vis de l'Irlande dans les négociations avec Londres sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. 

Cette solidarité « résonne profondément » dans ce petit pays qu’est l’Irlande, « mais aussi dans les autres petits pays de l’UE », a souligné M. Varadkar.

MM. Tusk et Juncker ont réitéré la position des Vingt-sept selon laquelle l’accord de retrait britannique n’est pas renégociable bien qu'il ait été rejeté par le Parlement britannique mi-janvier (EUROPE 12172). 

Pas de nouvelle offre de l'UE. L’UE « ne fait aucune nouvelle offre », a souligné Donald Tusk. L’accord de retrait et le filet de sécurité ('backstop') destiné à éviter le retour d'une frontière physique sur l’île d’Irlande ne peuvent être rouverts, a lui aussi martelé M. Juncker. Il a jugé « évidentes » les raisons pour lesquelles ce filet de sécurité est nécessaire, la frontière irlandaise devenant, avec le Brexit, une frontière extérieure de l’Union européenne. 

Quant aux alternatives envisagées par Mme May, elles peuvent être discutées dans le cadre des relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni, mais elles « ne peuvent remplacer le backstop », a ajouté le président de la Commission.

Le président du Conseil européen s’est dit convaincu qu’une « solution commune » est encore possible, assurant qu'il fera tout pour la trouver. 

Mais M. Tusk a sévèrement critiqué les tenants du Brexit outre-Manche. Il s’est en effet demandé « à quoi ressemblait la place en enfer » réservée à ces personnes qui n’ont jamais eu le moindre « plan » pour favoriser un Brexit sans heurt, déclenchant quelques réactions outrées côté britannique. 

Le Taoiseach a aussi jugé, aux côtés de M. Juncker, qu'un scénario de retrait britannique sans accord pouvait encore être évité. L’Irlandais a néanmoins dit qu'il fallait s'y préparer. Et il a aussi ouvertement encouragé le Royaume-Uni à prolonger après le 29 mars le délai de négociation de deux ans fixé dans l’article 50 du Traité, une option à laquelle il serait favorable. 

M. Juncker a indiqué que la Commission était prête à soutenir les acteurs économiques irlandais et nord-irlandais, tels que les agriculteurs, qui seraient durement touchés par un Brexit sans accord. 

Solutions réalistes espérées. Donald Tusk a aussi dit « espérer » que la dirigeante britannique, Theresa May, qu'il rencontrera jeudi 7 février à Bruxelles, sera en mesure d'apporter des « solutions réalistes pour sortir de l’impasse ». Mais le « sens des responsabilités nous dit de préparer un possible fiasco », a-t-il commenté. 

La priorité absolue pour l’UE, a ajouté le Polonais, est la « garantie du maintien de la paix » en Irlande du Nord sur la base de l’Accord du Vendredi saint. Il « ne peut y avoir de spéculation ici », a-t-il ajouté, le responsable coupant court aux rumeurs selon lesquelles l’UE serait en train de préparer l’Irlande à la possibilité de rétablir des contrôles à la frontière avec l’Irlande du Nord. 

Le Conseil a approuvé la proposition visant à poursuivre le programme PEACE IV jusqu'à fin 2020 (EUROPE 12183). 

Leo Varadkar a aussi rencontré mercredi Guy Verhofstadt, le coordinateur du Parlement européen pour le Brexit. Il dînera vendredi soir à Dublin avec Theresa May. (Solenn Paulic)

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