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Bulletin Quotidien Europe N° 12188
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Pour M. Lambertz, il faut instaurer un dialogue à long terme, systématique, avec des citoyens européens tirés au sort

Le président du Comité européen des régions (CdR), Karl-Heinz Lambertz, a estimé qu'il est absolument nécessaire, après les élections européennes, de repenser l’Union européenne et son rapport à ses citoyens, lors d’un échange avec EUROPE en amont de la session plénière du CdR, mercredi 6 février. 

La veille, le bureau du Comité a adopté une première version de la déclaration de Bucarest, qui devrait être adoptée à l’occasion du 8Sommet des régions et des villes, les 14 et 15 mars prochains. Celle-ci énumère une dizaine de priorités (voir autre nouvelle), parmi lesquelles la nécessité d’introduire une « consultation permanente » avec les citoyens, un projet qui tient à cœur au président. 

« Il existe depuis des décennies des centaines d’initiatives pour dialoguer et discuter d’Europe : on discute tout le temps d’Europe », a ainsi souligné M. Lambertz, rappelant les dialogues citoyens lancés par le Comité des régions, ceux de la Commission ou encore ceux lancés à l’initiative du président français, Emmanuel Macron. « La conclusion positive est que ça se passe, des gens viennent et on discute…mais ça ne suffit pas pour dire que maintenant on est entré dans l’ère de la démocratie participative ». 

Pour lui, il faut par conséquent se concentrer sur deux éléments : les participants et le suivi. « Il faut qu’on parvienne à mobiliser une dimension représentative de la population européenne et la façon la plus scientifique de le faire, c’est par le système de tirage au sort par catégorie », a-t-il expliqué. Surtout, à ses yeux, « il faut une logistique bien rodée qui s’occupe du suivi, [car] la pire des choses, c’est de faire participer les gens, puis d'arriver à des conclusions et ne pas donner de suivi, laisser les choses s’enliser ». 

« Il faut systématiser et avoir une approche à long terme et, surtout, la séparer des élections », a-t-il poursuivi. Un principe cardinal, selon lui, pour éviter toute défiance parmi les citoyens et éviter les comportements électoralistes. 

« C’est pour ça que M. Jahier (président du Comité économique et social européen) et moi-même avons proposé une approche interinstitutionnelle pour systématiser quelque chose sur 5 ans », a-t-il expliqué, avant de souligner que le Comité était en pourparlers avec le secrétariat général de la Commission européenne et celui du Parlement européen ainsi que les responsables du Conseil. 

Cette proposition sera présentée parmi les autres priorités de la déclaration aux leaders européens à l’occasion du sommet de Sibiu, le 9 mai prochain. Le président espère aussi atteindre le plus grand nombre de citoyens européens en amont des élections européennes. 

« Il y a une fenêtre d’opportunité de presque une année », a-t-il martelé, espérant pouvoir faire bouger les choses. Pour ce faire, les initiatives du Comité sont nombreuses : en octobre 2018, les représentants ont adopté un avis sur l’avenir de l’Europe ; en mars ce sera la déclaration de Bucarest ; puis, en juin, le Comité devrait adopter un avis avec un « cahier des charges » détaillé qui viendra donner suite au sommet de Bucarest. 

Brexit. Sur la question du Brexit, dont les négociations semblent inextricables (voir autre nouvelle), le président a expliqué que le Comité réfléchissait à une structure de coopération post-Brexit avec les régions britanniques, à l’image de ce qui se fait déjà avec l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM). Par ailleurs, M. Lambertz a souligné la nécessité de venir en aide aux régions les plus touchées par la sortie du Royaume-Uni de l’UE, pourquoi pas avec la création d’un fonds spécifique européen dont les modalités resteraient à déterminer. 

Cohésion. M. Lambertz a regretté le retard pris dans les négociations budgétaires de l’UE, indiquant qu’il aura nécessairement un impact sur les régions. « Quand on joue le temps, ce sont rarement ceux qui veulent plus d’argent, qui gagnent », a-t-il, par ailleurs, fait remarquer, s’appuyant sur son expérience politique.

État de droit. À l’occasion de la session plénière, les membres du Comité rendront hommage à Paweł Adamowicz, maire de Gdansk, récemment assassiné. À ce titre, le président a expliqué que la question du respect de l’État de droit en Pologne ou ailleurs ne pouvait se résoudre qu’au niveau des collectivités territoriales. Quand bien même, il constate que « la situation est souvent meilleure au niveau des collectivités territoriales qu’au niveau national ». 

Présidence roumaine du Conseil de l'UE. Pour M. Lambertz, la Présidence roumaine du Conseil de l'UE est confrontée à un contexte particulièrement difficile. En plus d'entamer sa première présidence, la Roumanie se doit de gérer la fin d'un mandat avec un très grand nombre de réunions interinstitutionnelles, faire face à une élection européenne qui risque de bouleverser le paysage politique européen et accompagner les pourparlers pour le prochain cadre financier. (Pascal Hansens)

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