Le président monténégrin, Milo Đukanović, a estimé que le référendum du 30 septembre en ARYM, qui, s’il a été largement en faveur du changement de nom, a été l’objet d’une faible participation, soulignait qu’il fallait un changement de politique de l’UE envers les Balkans.
« J’espère que le résultat du référendum pourra être pris comme un signal d’alarme, un dernier avertissement indiquant qu’il faut procéder à une analyse beaucoup plus profonde de nos rapports avec la politique d’élargissement et qu’il faut prendre des mesures politiques stratégiquement plus importantes », a-t-il expliqué lors d’un discours au Parlement européen. Selon lui, le référendum n’a pas été assez bien préparé, estimant qu’il aurait peut-être fallu laisser un peu de temps à la population « pour comprendre l’importance de cet enjeu pour l’avenir ».
M. Đukanović a estimé que la communauté internationale avait été, ces dernières années, occupée par ses propres problèmes et avait délaissé les Balkans, et que l’enthousiasme pro-européen perçu après la chute du mur de Berlin « piétinait un peu », ce qui avait eu pour conséquence le retour de rhétorique des années 1990 qui s’était, depuis lors, calmée.
« Nous comprenons très bien le besoin de l’UE de traiter les crises qu’elle traverse, mais il ne faut pas répondre à ce défi par un ralentissement ou un coup d’arrêt de l’élargissement, qui est une partie des réponses à tous les défis que connaît l'UE », a-t-il estimé. Pour le président, les pays des Balkans occidentaux sont des « partenaires » dans le processus d’élargissement et « non des sujets d’expérimentation ». Il a plaidé pour une « vision claire et commune et un partenariat sur un pied d’égalité ».
Le président est aussi revenu sur les progrès de son pays, indépendant depuis 2006 et membre de l’OTAN depuis 2017. Podgorica est le pays le plus avancé dans son processus d’adhésion à l’UE, avec 31 des chapitres de négociation ouverts sur 33. « Nous espérons que les deux derniers chapitres seront ouverts prochainement », a-t-il expliqué, rappelant aussi que « le Monténégro se [comportait] comme un État membre en matière de politique étrangère et de sécurité, s’alignant sans hésitation sur les positions européennes », concernant les sanctions et participant également aux missions de l’UE. (Camille-Cerise Gessant)