Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Soltenberg, a exhorté, mardi 2 octobre, la Russie à répondre aux inquiétudes de l’Alliance concernant son nouveau système de missiles.
« Après des années de dénégations, la Russie a récemment reconnu l'existence d'un nouveau système de missiles, appelé 9M729. Elle n'a fourni aucune réponse crédible sur ce nouveau missile. Tous les Alliés conviennent que l'évaluation la plus plausible serait que la Russie viole le Traité [sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, le Traité FNI, NDLR]. Il est donc urgent que la Russie réponde à ces préoccupations d'une manière substantielle et transparente », a-t-il expliqué lors d’un point presse à la veille de la réunion des ministres de la Défense de l’Alliance à Bruxelles, les 3 et 4 octobre.
Il a précisé que les alliés restaient préoccupés par le non-respect par la Russie de ses engagements internationaux, notamment du Traité FNI qui « abolit toute une catégorie d'armes et constitue un élément crucial de notre sécurité ». « Maintenant, ce traité est en danger à cause des actions de la Russie », a-t-il estimé, ajoutant qu’il était « extrêmement important de faire en sorte que la Russie respecte le Traité ».
L’ambassadrice américaine, Kay Bailey Hutchison, a été plus ferme. « Il est maintenant temps pour la Russie de s'asseoir à la table des négociations et de mettre fin aux violations », a-t-elle souligné devant la presse, prévenant que, si le système devenait performant (capable of delivering), les États-Unis « examineraient la capacité de détruire un missile qui pourrait frapper n'importe lequel de nos pays d'Europe et frapper l'Amérique ». La question devrait être soulevée par le secrétaire à la Défense, James Mattis, lors de la ministérielle. De son côté, le groupe des plans nucléaires se réunira vendredi matin.
Préparation de l’exercice Trident Juncture
Lors de leur rencontre, les ministres discuteront notamment de l’exercice de l’OTAN prévu du 25 octobre au 7 novembre en Norvège, appelé Trident Juncture. « C'est l'un de nos plus grands exercices depuis des années. Il réunira quelque 45 000 participants de 31 pays alliés et partenaires. Avec environ 150 avions, 60 navires et plus de 10 000 véhicules », a expliqué M. Stoltenberg. Selon lui, le scénario, « fictif, mais réaliste », « simulera la réponse collective de l'OTAN à une attaque armée contre un allié » et exercera la capacité de l’Alliance à renforcer ses troupes d'Europe et d'outre-Atlantique. « L'exercice est défensif. Et il est transparent. Tous les membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, y compris la Russie, ont été invités à envoyer des observateurs », a-t-il ajouté.
Le partage du fardeau, les progrès réalisés dans le renforcement de la dissuasion et la défense, et de l’adaptation continue des réponses de l’Alliance aux menaces conventionnelles, hybrides et cybernétiques sont aussi au programme de la ministérielle.
La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, informera également l’Alliance des progrès réalisés dans le cadre des initiatives de défense de l’UE. (Camille-Cerise Gessant)