Les députés européens ont critiqué, mercredi 12 septembre, la position du Conseil sur le budget 2019, en raison des coupes opérées notamment dans les crédits de la recherche (EUROPE 12088).
Au nom du Conseil, Hartwig Löger, ministre fédéral des Finances du gouvernement autrichien, a rappelé que le Conseil tablait sur un total de 164 milliards d’euros pour 2019, soit une hausse de 2,09 % par rapport à 2018.
Le ministre a noté une concordance de vues entre les institutions sur les priorités à retenir (jeunesse, croissance, emploi, sécurité et migration). La position du Conseil représente une différence de 1,5 milliard d’euros par rapport à la proposition initiale de la Commission, mais des hausses importantes figurent dans la position du Conseil, a-t-il relevé, comme : plus 10 % pour Erasmus, plus 6 % pour Horizon 2020, plus 25 % pour les infrastructures en matière d’énergie.
Le Conseil s’est montré sévère sur les dépenses administratives (réduction de 66 millions d'euros), pour éviter des hausses dépassant 2 %, a relevé aussi Hartwig Löger.
Un budget « normal ». Le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, a salué la position du Conseil notamment sur Erasmus et les migrations. « Nous aurons un budget normal » pour 2019, a-t-il dit, en référence au Brexit, car le Royaume-Uni devrait s’acquitter de ses obligations budgétaires jusque 2020, a tenté de rassurer le commissaire. Il a reconnu les divergences entre le Conseil et le PE sur la Facilité de l'UE en faveur des réfugiés en Turquie et a espéré que l’on trouvera entre 1 et 2 milliards d’euros.
Le rapporteur au PE sur le budget 2019, Daniele Viotti (S&D, italien), a critiqué la position du Conseil, qui a réduit fortement certains crédits : des réductions de 794 millions pour la recherche et le développement, une baisse de trois millions pour le chômage des jeunes et 340 millions en moins pour l'agriculture. Il a dit souhaiter augmenter les aides au développement visant à lutter contre les racines de la crise migratoire.
Jean Arthuis (ADLE, français), le président de la commission des budgets du PE, a observé que les coupes globales s’amplifiaient : 1,2 milliard en 2018, 1,55 milliard en 2019. Il a critiqué la « frilosité » du Conseil, « transformant le budget de l’UE en roue de secours budgétaire, comme il le fait pour le financement de l’accueil des réfugiés syriens en Turquie ».
Dans deux semaines, la commission des budgets votera sur le budget 2019. Puis le vote en plénière interviendra à la fin du mois d’octobre, avant la conciliation entre le Conseil et le PE pour trouver un compromis sur le budget de l’an prochain. (Lionel Changeur)