Le Premier ministre de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, Zoran Zaev, a fait part, jeudi 13 septembre, de ses grands espoirs concernant le référendum prévu dans son pays le 30 septembre sur le changement du nom du pays, qui, s’il était positif, serait un pas supplémentaire vers l’ouverture des négociations d’adhésion du pays à l’UE.
Selon des sondages, les Macédoniens devraient voter 'oui' à la question posée lors de ce référendum : « Êtes-vous pour l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN en acceptant l'accord entre la République de Macédoine et la République de Grèce ? »
Devant les députés européens, en session solennelle, M. Zaev a estimé que ce référendum était un « référendum pour notre avenir, un référendum sur notre seconde indépendance ». « Il a une portée historique à la même hauteur que celui sur l’indépendance », il y a 27 ans, a-t-il estimé.
« La population de mon pays est à un carrefour historique », a expliqué le dirigeant macédonien, tout en reconnaissant que la décision n’était pas facile. « Nous serons la République de Macédoine du Nord, avec une langue et une population reconnues, nous savons tous les avantages qui en découlent », a-t-il précisé (EUROPE 12074).
M. Zaev a voulu se montrer rassurant : « C’est la meilleure possibilité, une chance unique, nous n’allons pas la manquer, nous allons la saisir à bras-le-corps, car c’est notre billet pour entrer dans l’UE », a-t-il expliqué. « C’est un moment historique, je suis fier que notre pays puisse saisir cette chance. Nous sommes très proches de l’accomplissement de ce rêve d’avoir une Macédoine européenne, c’est pourquoi je pense que le référendum sera couronné de succès », a-t-il ajouté. Selon le Premier ministre, plus de trois quarts de la population soutient une adhésion à l’UE « et à ses valeurs ».
L’UE a d’ailleurs été, pour le Premier ministre, le moteur des accords de voisinage. « Notre lutte pour un avenir européen a été un facteur clé dans les accords historiques avec la Grèce et la Bulgarie. Nous sommes une success-story européenne, un modèle authentique pour une démocratie multiethnique fonctionnelle. Une sorte de petite Europe, nous vivons au quotidien la devise européenne ‘Unie dans la diversité’, avec ses avantages et ses défis », a-t-il expliqué.
M. Zaev a longuement mis en avant la volonté de son pays de rejoindre l’UE et l’OTAN, sans occulter les réformes que son pays doit encore mener, en matière d’État de droit, de lutte contre la corruption ou de professionnalisation de l’administration publique. « Nous faisons de notre mieux pour être à la hauteur des critères. Nous savons qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir », a-t-il reconnu.
Il a aussi plaidé pour l’intégration des pays des Balkans occidentaux dans l’UE, expliquant que cela apporterait plus de stabilité et que l’UE ne serait pas forte sans cette intégration. « Nous savons ce que nous pouvons rendre en retour : loyauté, fidélité, vous rendre une véritable passion pour UE », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité - elle aussi présente à Strasbourg - devait se rendre, le 13 septembre, en ARYM et rencontrer M. Zaev et des membres de son gouvernement, mais aussi le président Gjorge Ivanov et le chef du principal parti d’opposition VMRO-DPMNE, Hristijan Mickoski. (Camille-Cerise Gessant)