login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12094
Sommaire Publication complète Par article 18 / 33
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Liban

M. Aoun appelle au retour des réfugiés syriens dans leur pays

Le président libanais, Michel Aoun, a insisté, mardi 11 septembre, sur le retour des réfugiés syriens présents au Liban dans leur pays sans attendre une solution politique, mais l'UE estime que les conditions pour un tel retour ne sont pas réunies. 

« Le Liban s'efforce d'assurer le retour dans la dignité et la sécurité des personnes déplacées dans leurs foyers, refuse tout atermoiement à cet égard et appuie tout soutien visant à résoudre la question des déplacements massifs de Syriens sur son territoire, comme l'initiative russe, refusant de lier le retour à la solution politique qui pourrait prendre longtemps », a-t-il détaillé aux députés européens lors d’un discours en séance solennelle. 

Le Liban, pays de 6,2 millions d’habitants, accueille plus d’un million de réfugiés syriens « au nom de la solidarité humaine », a expliqué le président, rappelant qu’il s’agissait d’une charge « très lourde à assumer ». « La crise occasionnée par les déplacés syriens est celle qui pèse le plus, avec des conséquences dévastatrices sur l’économie et le cadre social », a-t-il ajouté. 

M. Aoun a rappelé les réserves de son pays concernant certains points de la déclaration de la conférence de Bruxelles sur la Syrie, en avril 2018 (EUROPE 12009), « particulièrement sur la question du retour volontaire des personnes déplacées, en l'associant à la solution politique, ainsi que leur intégration dans le marché du travail dans leur pays de déplacement ». 

« La communauté internationale n’a pas pris sa part de responsabilité pour l’accueil des réfugiés ; nous appelons à mettre en œuvre les décisions prises dans le contexte de l’assistance financière » au Liban, a regretté le président libanais. 

Interrogée par Europe, une porte-parole de l'UE a précisé que l'Union partageait l'évaluation du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, selon laquelle « dans les conditions actuelles d'insécurité, les conditions pour le rapatriement volontaire des réfugiés syriens ne sont pas encore en place ». « Jusqu'à ce qu'un tel retour puisse avoir lieu, nous devons assurer la protection continue et efficace des réfugiés contre les risques d'expulsions forcées et de retours forcés, et améliorer leur statut de résidence légale dans les communautés/pays hôtes », a-t-elle ajouté. 

Si M. Aoun souhaite le retour des Syriens, c’est aussi parce que le Liban accueille de nombreux réfugiés palestiniens, dont le retour semble de plus en plus compromis. « Après 70 ans d’attente, en lieu et place d’une solution, il y a un projet d’implantation définitive », a-t-il dénoncé dans son discours. Selon le dirigeant libanais, la décision américaine de ne plus financer l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) « signifie le début de l'implantation de facto des Palestiniens dans les pays qui les ont accueillis, ce que l’on refuse au nom de la justice et l’égalité ». Il a estimé que la politique internationale appliquée au Proche-Orient « ne fait qu'exacerber la radicalisation, la haine et ouvre la voie à la violence et au terrorisme ». 

Selon le président, la guerre contre le terrorisme, entamée après le 11 septembre 2001, a été contreproductive. « Le 11 septembre est une date charnière qui a changé le cours de l’histoire. Il y avait une promesse de liberté, d’asseoir la démocratie et de mettre fin au terrorisme. Malheureusement, ce qui s’est produit depuis 17 ans, c’est que la guerre contre le terrorisme a permis à ce dernier de se développer dans le monde au lieu d’y mettre un terme », a-t-il dénoncé. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ÉTAT DE l'UNION
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES