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Bulletin Quotidien Europe N° 12067
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Nouvelle polémique pour Facebook qui entend laisser les négationnistes s’exprimer

Nouveau couac pour le géant américain des réseaux sociaux Facebook. Dans une interview accordée mercredi 18 juillet au site américain spécialisé Recode, son PDG, Mark Zuckerberg, a estimé que le réseau social n'avait pas à censurer les propos négationnistes. 

« L'approche que nous avons adoptée pour les fausses nouvelles n'est pas de dire : 'vous ne pouvez pas dire quelque chose de mal sur Internet'. Je pense que ce serait trop extrême », a-t-il commencé. 

Reconnaissant que la négation de l'existence de l’Holocauste est « profondément offensante » - lui-même étant juif - il a néanmoins estimé que la plate-forme ne devrait pas supprimer ces propos. « Les gens parfois se trompent. Je ne pense pas qu’ils se trompent intentionnellement », a-t-il tenté de justifier. 

Il est revenu quelques heures après sur ses propos dans un email envoyé à Recode. « Je n'avais absolument pas l'intention de défendre l'intention des gens qui nient cela (...). Bien sûr, si un message franchissait la ligne en préconisant la violence ou la haine contre un groupe particulier, il serait supprimé » a-t-il clarifié. 

Trop tard. La polémique a déjà enflé. « Le refus de Mark Zuckerberg de censurer les propos négationnistes sur Facebook est une honte. Le devoir de mémoire ne se négocie pas. La vérité de la Shoah ne se discute pas. La haine antisémite ne se diffuse pas », a réagi Philippe Meyer, le président de la section française de l’organisation juive internationale B'nai B'rith, sur Twitter

Contrairement à plusieurs pays européens, le négationnisme n’est pas considéré aux États-Unis comme un délit, mais comme faisant partie de la liberté d'expression protégée par la Constitution. Seule l'incitation à la violence tombe sous le coup de la loi. 

La réponse de Berlin ne s’est pas fait attendre. « Il ne doit pas y avoir de place pour l'antisémitisme. Les attaques verbales et physiques en font partie, de même que la négation de l'Holocauste. Celle-ci est sanctionnée ici », a répondu jeudi sur Twitter la ministre allemande de la Justice, Katarina Barley. 

Depuis le 1er janvier 2018, la législation allemande exige en effet que les grandes plates-formes de médias sociaux retirent rapidement le contenu manifestement illégal sous peine de se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros. 

Pour voir l’interview dans son intégralité : https://bit.ly/2NrJEgS (Marion Fontana)

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