L'organisation Corporate Europe Observatory (CEO) a exprimé, jeudi 19 juillet, ses « profondes inquiétudes » à la Commission européenne concernant les conflits d'intérêts que susciteraient plusieurs activités professionnelles qu'exerce l'ancien commissaire européen, Jonathan Hill.
Sont dans le viseur de CEO, le rôle de conseiller senior que joue M. Hill auprès du groupe bancaire suisse UBS depuis fin mai 2018, qui devrait faire l'objet, selon elle, d'une évaluation approfondie du comité d'éthique de l'institution européenne, ainsi que les activités de M. Hill au sein des groupes Aviva, Deloitte et Iberdrola.
La Commission est ainsi invitée à analyser si ces activités sont compatibles avec l'article 245 du Traité, selon lequel les anciens commissaires doivent, sans limites temporelles, agir avec intégrité et discrétion après la fin de leur mandat.
Lord Hill n'a pas non plus notifié à la Commission la création, fin 2016, de la société Prosperity UK, qui organise des conférences. Cette initiative était couverte par la période de viduité ('cooling off period') de 18 mois - étendue désormais à 2 ans (EUROPE 11951) - inscrite au code de conduite des commissaires.
CEO note qu'UBS a déclaré avoir dépensé en 2017 au moins 1,25 million d'euros pour des activités de lobbying auprès des institutions européennes à Bruxelles.
Lord Hill a démissionné de sa fonction de commissaire fin juin 2016 après la victoire des partisans du Brexit lors du référendum britannique (EUROPE 11581). (Mathieu Bion)