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Bulletin Quotidien Europe N° 12058
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

La réduction et le partage des risques bancaires se renforcent mutuellement, selon M. Draghi

Le président de la BCE, Mario Draghi, a plaidé pour le parachèvement de l'union bancaire en zone euro par l'introduction d'un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS), lundi 9 juillet, lors d'un dialogue monétaire au Parlement européen.

« Avec un cadre prudentiel adéquat, le partage et la réduction des risques bancaires se renforcent mutuellement », a estimé M. Draghi. Il a noté que, depuis la crise financière, les risques bancaires s'étaient considérablement réduits : les ratios de capitaux propres de qualité optimale (CET 1 capital) dans les principales banques sont « désormais 67% plus élevés par rapport à la situation il y a 10 ans ». Et les risques baissent avec la diminution du stock des prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL), a-t-il noté.

« Le partage des risques aide grandement à la réduction des risques », a ainsi poursuivi M. Draghi. Il a pris l'exemple de l'agence FDIC étatsunienne qui a résolu 500 banques après la crise financière, alors qu'en Europe les résolutions ont concerné 10 fois moins banques. Cette situation expliquerait « les défis structurels » auxquels le secteur bancaire de l'UE est toujours confronté.

« En d'autres termes, si le partage des risques devait mener à une gestion ordonnée des conséquences en termes de stabilité financière qui dériveraient d'une réduction des risques, alors la réduction des risques aurait lieu à une vitesse encore plus rapide », a souligné l'ancien gouverneur de Banca d'Italia. Et d'ajouter : « Un système EDIS éviterait le risque de prophéties autoréalisatrices déstabilisantes se matérialisant sous la forme de 'bank runs'. Et cela réduirait aussi le risque de fragmentation. »

M. Draghi a, par ailleurs, loué la décision du sommet de la zone euro de faire du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds permanent de sauvetage de la zone euro, le filet de sécurité ('backstop') du Fonds de résolution unique, le bras financier de l'union bancaire (EUROPE 12052). Selon lui, ce filet doit être créé « aussi vite que possible » et sa gouvernance permettre des décisions rapides.

D'après l'accord franco-allemand de Meseberg, le 'backstop' ne pourra être en place qu'après une réduction substantielle des risques bancaires, une décision n'étant toutefois pas attendue avec 2020.

QE. Les députés ont peu interrogé le président de la BCE sur les décisions prises concernant une sortie progressive de l'opération 'quantitative easing' de rachat massif d'actifs surtout publics d'ici à fin 2018, si les conditions macro-économiques le permettent (EUROPE 12041).

Celui-ci a néanmoins indiqué que la BCE procéderait à une analyse de la viabilité de la dette grecque à la lumière des mesures de dette agréées par l'Eurogroupe avant de se prononcer sur son incorporation au QE. Et il a admis qu'une transparence accrue des données agrégées sur les bénéficiaires du QE serait possible sans que certains acteurs en tirent indûment profit.

À Gunnar Hökmark (PPE, suédois), qui l'interrogeait sur le risque de maintenir une politique monétaire accommodante de façon prolongée, M. Draghi a répondu que la BCE assurait un suivi constant des effets de taux d'intérêt très faibles et de la liquidité monétaire.

Le président de la BCE n'a pas confirmé à Pervenche Berès (S&D, française) que l'institution européenne ne savait rien à propos de l'affaire ayant mis en cause la banque centrale lettone. Il a estimé nécessaire d'en faire plus en matière de lutte contre le blanchiment d'argent, rappelant que la BCE avait saisi la Cour de justice de l'UE afin de garantir une prise de décisions adéquate jusqu'à ce que la Cour rende son arrêt (EUROPE 11996).

Jakob von Weizsäcker (S&D, allemand) a interrogé M. Draghi sur les risques liés aux cryptomonnaies. Ce dernier a partagé « les préoccupations » d'autorités nationales concernant la protection des investisseurs tout en estimant que ces cryptomonnaies ne posaient aucun risque pour la stabilité financière en raison de leurs faibles montants et des faibles expositions des acteurs financiers.

Brexit. Neena Gill (S&D, britannique) a questionné le président de la BCE sur les risques pesant sur les contrats de produits dérivés soulevés par la Banque d'Angleterre en raison d'un manque de préparation du côté européen.

« Sur les montants, cela dépendra du volume de contrats qui arriveront à expiration avant mars 2019. Il faudra voir si, des deux côtés, on aura la législation en place qui permettra de réduire le problème. Cela dépendra beaucoup de ce que les parties privées feront pour réduire le choc », a dit M. Draghi. (Mathieu Bion)

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