La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a demandé, lundi 9 juillet, l’abandon des charges et la libération immédiate des deux journalistes birmans de l’agence Reuters en Birmanie, Wa Lone et Kyaw Soe Ook, « poursuivis pour le simple exercice de leur droit à la liberté d'expression et l'exercice de leur travail ».
Dans son communiqué, la porte-parole a estimé que la décision prise, plus tôt dans la journée, par un tribunal, d’engager des poursuites contre ces deux journalistes, en vertu de la loi sur les secrets officiels de 1923, menaçait « les libertés fondamentales, la liberté des médias et le droit du public à l'information en Birmanie ». Poursuivis pour « atteinte au secret d’État », pour avoir enquêté sur le massacre des Rohingyas, ils risquent quatorze ans de prison.
« Les journalistes et les travailleurs des médias doivent pouvoir travailler dans un environnement libre de toute crainte d'intimidation, de harcèlement, d'arrestation injustifiée et de poursuites et nécessitent une protection afin de promouvoir la transparence et la responsabilité dans toute société », a souligné la porte-parole.
La porte-parole a rappelé que, depuis l’arrestation de ces journalistes, le 12 décembre 2017, pour leurs reportages sur la situation dans l'État de Rakhine, les diplomates de l'UE avaient observé chaque audience. « L'UE n'a cessé de soulever la question auprès du gouvernement birman », a-t-elle précisé. (Camille-Cerise Gessant)