Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE a décidé, lundi 25 juin à Luxembourg, de sanctionner onze nouveaux dirigeants vénézuéliens pour violation des droits de l'homme et infraction aux règles de l'État de droit au Venezuela. Ces sanctions incluent une interdiction de voyager dans l'Union européenne et un gel des avoirs.
Sont notamment concernés Tareck Zaidan El-Aissami Maddah, ministre de l'Industrie, Jesús Rafael Suárez Chourio, commandant en chef de l'armée bolivarienne, Delcy Eloína Rodríguez Gómez, vice-présidente de la République bolivarienne du Venezuela, Elías José Jaua Milano, ministre de l'Éducation, Katherine Nayarith Harrington Padrón, procureur général adjoint, et plusieurs membres du Conseil électoral national.
Cette décision est la réponse de l'Union européenne souhaitée par les ministres européens des Affaires étrangères après qu'ils ont constaté, fin mai, que les élections présidentielles et locales, ayant notamment abouti à la réélection du président Maduro, n'ont été ni libres ni justes (EUROPE 12028).
En janvier, l'UE avait déjà sanctionné sept dirigeants vénézuéliens, dont le ministre de l'Intérieur (EUROPE 11944).
Missions du PE à la frontière vénézuélienne. Du lundi 25 juin au vendredi 29 juin, un groupe de cinq eurodéputés présidé par Agustín Díaz de Mera (PPE, espagnol) seront en Colombie dans la ville de Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela, et un autre groupe de deux eurodéputés emmené par Francisco Assis (S&D, portugais) sera au Brésil à Boa Vista, ville proche de la frontière avec le Venezuela (EUROPE 12035).
L'objectif pour les députés, qui rencontreront des autorités nationales et régionales ainsi que des organisations non gouvernementales, est de comprendre la situation humanitaire sur le terrain.
Depuis 2005, plus de 2 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays, dont 800 000 en Colombie et 50 000 au Brésil. Selon les Nations Unies, plus de 60 % d'entre eux sont en situation irrégulière dans leur pays d'accueil.
D'après le rapport 2017 du Bureau européen d'appui pour l'asile, les demandes d'asile dans l'UE émanant de Vénézuéliens ont triplé par rapport à l'année précédente, passant de 4 705 demandes en 2016 à 12 020 en 2017. C'est la plus forte augmentation observée. (Mathieu Bion)