Une alimentation durable et saine pour tous. Sous cette bannière, la Commission européenne a placé le programme 'Sûreté alimentaire' auquel elle a proposé, jeudi 7 juin, d’allouer une enveloppe de 1,68 milliard d’euros sur sept ans dans le prochain projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 de l'UE proposé le 2 mai dernier (EUROPE 12013).
Ce programme sera un pilier du nouveau programme intégré pour le marché unique présenté le même jour par la Commission et qui vise notamment le renforcement de la protection et des droits des consommateurs et une chaîne d’approvisionnement alimentaire saine et durable (voir autre nouvelle).
Il sera consacré à la protection de la santé humaine, de la santé animale et des végétaux, ainsi que du bien-être animal, en exploitant toutes les synergies avec les autres instruments financiers, en particulier, le nouveau programme Horizon Europe sur la recherche et l'innovation, le programme Europe numérique, le Fonds social européen plus (FES+), la Politique agricole commune et le Fonds d’urgence (Emergency Fund).
Le programme 'Sûreté alimentaire' poursuivra quatre objectifs : - éradiquer les maladies et les insectes ravageurs ; - soutenir les politiques menées pour accroître le bien-être animal, notamment par l’amélioration de la mise en œuvre de la législation ; - améliorer l’efficacité et la fiabilité des contrôles officiels ; - soutenir une production et une consommation durables.
1,68 milliard pour la sûreté alimentaire sur les 4 milliards proposés pour le programme 'Marché unique', c’est la preuve de l’importance de ce pilier, selon le commissaire à la Santé et la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis. « Il est ainsi reconnu qu'il est important de garantir le bon fonctionnement du marché intérieur des produits alimentaires par la prévention des maladies animales ou végétales – et, au besoin, la lutte contre ces maladies – qui peuvent avoir des conséquences majeures pour la santé publique et l'économie de l'Union. Les efforts accomplis dans les domaines du bien-être des animaux et de la lutte contre le gaspillage alimentaire et la fraude pourront être intensifiés », a-t-il déclaré.
Ce n’est toutefois pas une augmentation : l’enveloppe actuelle dans le budget 2014-2020 est de 1,89 milliard d’euros. Mais la Commission européenne propose d'accroître de 62,5 millions d'euros par an le budget de l'EFSA, comme elle l'avait proposé récemment dans sa réforme du règlement général sur l'alimentation (EUROPE 11999). Ces fonds additionnels permettront principalement à l'EFSA de recruter 106 scientifiques, mais aussi de mener des évaluations supplémentaires en cas de controverse scientifique.
S'exprimant devant un petit groupe de journalistes, mercredi 6 juin, le commissaire Andriukaitis a rappelé que c'est une proposition de cadre financier pluriannuel post-Brexit et qu'au Royaume-Uni, « il existe certaines maladies endémiques comme la tuberculose ». Invité à commenter plus avant l'impact du Brexit sur la politique de sûreté alimentaire, le commissaire a déclaré : « Le Brexit aura un impact sur les évaluations scientifiques des pesticides. Le Royaume-Uni a des scientifiques hautement spécialisés. Ils ont aussi des laboratoires européens. Nous avons une vue plus claire de la relocalisation future de ces laboratoires. » Et d'ajouter : « J'ai demandé aux États membres d’accroître leurs capacités pour faire face à la charge de travail accrue ». (Aminata Niang)