Vingt mesures pour intensifier la lutte contre les maladies à prévention vaccinale : c'est ce qu'a proposé la Commission européenne, jeudi 26 avril, par la voix du commissaire lituanien Vytenis Andriukaitis. Quelques jours plus tôt, le Parlement européen avait adopté une résolution non législative appelant également à une stratégie européenne (EUROPE 12006).
Selon les chiffres du Parlement européen, 215 000 cas de maladies évitables par la vaccination, notamment la grippe, ont été identifiés en Europe entre 2008 et 2015. La Commission ajoute à ces chiffres que plus de trois quarts des personnes ayant souffert de rougeole l'année dernière n'étaient pas vaccinées.
Dans ce contexte, la Commission européenne - qui dispose de compétences limitées en matière de santé - propose d'accroître la coopération dans ce domaine au niveau de l'UE. Sa proposition, qui se présente sous la forme d'une recommandation (donc non contraignante), repose sur trois piliers d'action : (1) lutter contre les réticences à l'égard des vaccins et améliorer la couverture vaccinale ; (2) établir des politiques de vaccination durables dans l'UE ; (3) améliorer la coordination dans ce domaine à l'échelle de l'UE et contribuer à la santé dans le monde. Parmi les mesures concrètes, la Commission encourage les États membres à se doter de plans de vaccination nationaux et/ou régionaux d'ici à 2020. Il se fixe comme objectif d'atteindre une couverture vaccinale contre la rougeole « d'au moins 95 % ». Pour le reste, la Commission se donne comme objectif de mettre en place un portail européen d'information sur la vaccination d'ici à 2019 et une banque de données sur les stocks de vaccins et les besoins en la matière.
À noter qu'à l'heure actuelle, 20 États membres se sont inscrits pour participer à l'action commune sur l’hésitation face à la vaccination. Le nombre total de participants ne sera connu qu'en septembre, au moment du lancement officiel de l'action commune.
Dans son communiqué de presse, la Commission évoque une adoption de la recommandation par les États membres avant la fin de l'année 2018. Elle précise qu'elle fera rapport « tous les trois ans sur les progrès accomplis » dans sa mise en œuvre. Le texte de la recommandation peut être consulté à la page : https://bit.ly/2vNx1Zr . (Sophie Petitjean)