La Commission européenne a publié, mardi 24 avril, une étude visant à identifier les obstacles auxquels les consommateurs continuent de faire face dans l’UE lorsqu’ils cherchent un conseil financier ou souhaitent acheter un produit d'investissement de détail.
Globalement, l’étude révèle que, bien que les consommateurs aient accès à une gamme étendue de produits, ils continuent de faire face à plusieurs obstacles lorsqu’il s’agit de recueillir ou comparer des informations sur les produits d’investissement de détail.
Sont couverts 15 États membres (Belgique, République tchèque, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Espagne, Suède, Royaume-Uni) choisis en fonction de la taille de leur marché, de leur date d’entrée dans l’UE et de la diversité des politiques mises en place.
L'étude note qu’il existe de grandes différences en termes de coûts des produits d'investissement de détail entre les États membres et que les frais pour la même catégorie de produits d'investissement varient considérablement. Elle souligne aussi le potentiel prometteur de nouveaux modèles de distribution basés sur la technologie financière tout en appelant à une surveillance renforcée.
Pour la Fédération européenne des usagers des services financiers Better Finance, cette étude vient confirmer un de leurs chevaux de bataille depuis des années : l’investisseur individuel moyen est submergé par la complexité et l'incertitude associées aux produits d'investissement disponibles au sein de l’UE.
Elle pointe notamment le manque de transparence et d’harmonisation des informations figurant sur les sites Internet des distributeurs de l’UE. En ce qui concerne les coûts et les frais, certains distributeurs ne présentent pas cette information ou ne la présentent que partiellement, indique-t-elle, ce qui rend difficile, encore aujourd’hui, pour les investisseurs individuels de comprendre et de comparer ces informations afin de prendre une décision d'investissement éclairée. « Cela confirme le besoin urgent de sites de comparaison indépendants et transfrontaliers », estime la Fédération.
La portée de l’étude est néanmoins limitée en raison de la disponibilité des données, mais aussi parce que l’étude a été menée en 2017, avant l’entrée en vigueur de plusieurs changements règlementaires susceptibles d’affecter les marchés (MiFID II, PRIIPs, directive 'distribution d’assurances'), souligne l’organisation.
Les réflexions sur ce sujet se poursuivront le 29 juin prochain, lors d’une audition publique organisée par la Commission. Voir l’étude : https://bit.ly/2FihT5M . (Marion Fontana)