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Bulletin Quotidien Europe N° 12010
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ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Le professeur John Dugard appelle à la fin de la coopération UE/Israël

Le professeur sud-africain John Dugard, ancien rapporteur spécial pour les droits de l'homme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a demandé, jeudi 26 avril, à l’UE et ses États membres de se distancer d’Israël, en raison de ses actions envers les Palestiniens. 

« L’UE doit arrêter de collaborer avec Israël. L’Afrique du Sud a été soumise à des sanctions de toutes formes (en raison de l’apartheid). Israël a une politique analogue, mais ce que fait l’UE, c’est un accord d’association avec le pays. Il faudrait que la collaboration prenne fin, si c’était fait cela aurait un impact majeur », a-t-il estimé lors d’une audition au Parlement européen sur la situation des droits de l’homme dans la bande de Gaza. 

« Il est important que l’UE commence à montrer plus de courage pour affronter Israël, si elle ne veut pas être accusée de collusion », a ajouté le professeur. Selon lui, ce manque de courage est dû au fait que les Européens ne voulaient pas s’inscrire en faux contre les États-Unis, étaient influencés par les lobbies pro-israéliens, pour certains, avaient encore un sentiment de culpabilité lié à la Shoah et avaient peur que toute critique contre Israël soit taxée d’antisémitisme. 

M. Dugard a souhaité que l’UE soutienne la Palestine - qui a déposé une plainte en vertu de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, accusant Israël de crimes de guerre et contre l’humanité, le 23 avril -, voire que les États membres déposent eux-mêmes une plainte. 

Il en est de même pour les démarches en cours à la Cour pénale internationale (CPI). « Le système israélien n’est pas capable de rendre la justice [dans des crimes contre des Palestiniens, NDLR] (…). Des crimes graves sont commis et personne n’est responsable », a regretté Mahmoud AbuRahma, du Centre Al Mezan pour les droits de l’homme, dans la bande de Gaza. « Dans l’intérêt de la justice et de la paix, l’UE devrait se pencher sur les droits à Gaza, aider aux enquêtes menées par la CPI », a-t-il recommandé. « Si les États membres veulent éviter d’être accusés de complicité, ils devraient s’exprimer de façon favorable à une poursuite d’Israël dans des tribunes internationales ou dans des discussions privées. Le procureur de la CPI devrait avoir le courage de s’engager dans une procédure (à la CPI), mais uniquement si les États membres le soutiennent », a ajouté M. Dugard. 

Selon le professeur, les États devraient poser des demandes en réparation à l’État hébreu quand il détruit le fruit des projets financés par ces États membres et s'il refuse, faire appel à un arbitrage. Si certains États membres et l’UE en tant qu’institution ont déjà entamé des démarches en ce sens, aucune n’a abouti (EUROPE 11891). 

Interrogé sur le possible transfert de l’ambassade roumaine de Tel-Aviv à Jérusalem, M. Dugard a souligné que cela « nécessitait toute attention de l’UE en tant qu’instance, qu’il était idoine de dire que cela est contraire à la politique des droits de l’homme de l’UE »

Le député français du S&D, Édouard Martin, a soutenu les propos de M. Dugard et dénoncé l’« hypocrisie » de l’UE et de ses États membres. « Il faut les attaquer sur les aspects juridiques, car sur les discours moraux cela n’avance pas », a-t-il expliqué, estimant que les États membres pourraient être poursuivis pour crime de guerre. (Camille-Cerise Gessant)

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