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Bulletin Quotidien Europe N° 11996
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Un Rom sur trois est victime de harcèlement dans l’UE, alarme l'Agence des droits fondamentaux

Dans l’UE, un Rom sur trois indique avoir été victime de harcèlement en raison de son origine ethnique. Au Portugal, par exemple, le harcèlement serait une expérience récurrente pour 94 % des hommes roms. Voilà un des constats alarmants que tire l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) dans son rapport sur l’anti-tsiganisme comme obstacle à l’inclusion des Roms, publié vendredi 6 avril. 

Le rapport, d’une soixantaine de pages, révèle que les États membres n’atteignent toujours pas la plupart de leurs objectifs d’intégration et montre que, dans l’UE, les préjugés sont loin d’avoir disparu. 

Selon la dernière enquête Eurobaromètre réalisée par la Commission européenne en 2015, 20 % des personnes interrogées dans l'UE se sentiraient « mal à l'aise » si l'un de leurs collègues au travail était Rom. Moins de la moitié (45 %) serait à l'aise ou indifférente si leur enfant avait une relation avec une personne rom. 

En ce qui concerne les conditions de vie, la FRA ne relève que très peu d’amélioration entre 2011 et 2016. « Pour de nombreuses personnes roms, la vie dans l’Union européenne est semblable à la vie dans les pays les plus pauvres du monde », écrit-elle. 

En effet, selon son rapport, 80 % des Roms sont exposés au risque de pauvreté, contre une moyenne de 17 % dans l'UE. Avec 30 % d’entre eux qui vivent dans des ménages sans eau courante, la FRA compare l'accès à l’eau potable de cette communauté à celui des personnes vivant au Ghana ou au Népal. 

Il s'agit, selon l'agence, d'autant de preuves qui démontrent que la directive sur l'égalité raciale (2000/43/UE) n'est pas efficace - du moins en ce qui concerne ce groupe particulier. Alors que le cadre européen pour les stratégies nationales d'intégration des Roms arrivera à son terme en 2020, la FRA espère que son rapport permettra d’alimenter le débat sur l’inclusion future des Roms. 

Elle précise que la comparaison avec d’autres pays pauvres vise à aider les États membres à « jauger leur engagement en faveur des objectifs de développement durable des Nations Unies ». 

Le débat se poursuivra dimanche 8 avril à l’occasion de la Journée internationale des Roms et la semaine prochaine avec toute une série d’évènements organisés au sein des institutions européennes. 

Le rapport est disponible à l’adresse suivante : https://bit.ly/2JpgbD8 (Marion Fontana)

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