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Bulletin Quotidien Europe N° 11996
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Selon l’Irlande, la solution de sécurité s’appliquera

Helen McEntee, la ministre irlandaise en charge des Affaires européennes, a bon espoir qu’un traité de retrait sera convenu avant le jour du Brexit, mais elle estime que le Royaume-Uni devra dans un premier temps convenir d’une solution au sujet de la frontière irlandaise. 

Lors d’un entretien avec EUROPE, organisé dans son bureau du centre-ville de Dublin à la fin du mois de mars, elle a qualifié de « positif » le début des négociations sur la future relation. 

« Même si nous avons connu des reports dans certains domaines, même si les dates limites ont dû être déplacées, je crois que nous avons réalisé plus de progrès que les citoyens ne le pensent », a-t-elle déclaré. 

Selon elle, la priorité pour l’Irlande est de s’assurer que « 95 % du travail » sur une solution qualifiée de sécurité au sujet de la frontière soit réalisé avant le mois de juin, ce qui laisserait suffisamment de temps aux parlements européen et britannique pour commencer à l’examiner d’ici octobre. 

« Ce n’est pas en octobre qu’il faut commencer ; c’est en octobre qu’il faut que tout soit bouclé. »

Dans le texte proposé par l’UE sur le filet de sécurité, repris dans un protocole à l’accord de retrait, l’Irlande du Nord resterait en substance dans l’union douanière et dans certains aspects du marché unique de l’Union en cas d’absence d’accord sur le Brexit

Les négociations sur le protocole ont commencé juste avant Pâques et portaient sur les contrôles douaniers et sanitaires. Elles se sont poursuivies vendredi autour des droits de l’homme et reprendront lundi, bien que peu de progrès aient été réalisés jusqu’à présent. 

Le Royaume-Uni a déclaré qu’il ne pouvait pas accepter les termes de la proposition de l’UE, qui suggèrent de garder l’Irlande du Nord dans le « territoire douanier » et dans un « espace de régulation unique » pour les biens, l’agriculture, l’environnement et d’autres politiques. 

Toutefois, d'après Mme McEntee, l’UE soutient pleinement l’Irlande et il revient au Royaume-Uni de proposer des conditions alternatives qui entraîneraient « le même résultat »

« Si octobre arrive et que nous n’avons pas de résultat, l’UE dira : "Nous ne pouvons pas accepter cette situation". »

« Si [le Royaume-Uni] devait proposer une solution qui garantit le statu quo, il ne nous appartiendrait pas de refuser », a-t-elle ajouté. « Mais la probabilité d’assister à ce cas de figure d’ici octobre est assez mince ; donc, pour nous, le filet de sécurité devra s’appliquer. »

D’ici là, les négociations aborderont également le commerce, qui est extrêmement important pour l’Irlande. Non seulement 15 % des exportations de biens et services irlandais sont destinées au Royaume-Uni (et même 40 % pour le secteur agroalimentaire), mais deux tiers des exportateurs irlandais se servent du Royaume-Uni comme d’un « pont terrestre » pour accéder aux marchés de l’UE. 

Tandis que Mme McEntee estimait que l’Irlande veillerait à « être entendue » sur les liens commerciaux, elle a précisé que « l’Irlande ne peut pas être considérée différemment » du reste de l’UE. 

« Nous ne devons pas oublier qu’il y a 26 autres pays », a-t-elle souligné. « Ce qui est bon pour l’Irlande devrait être bon pour le reste de l’Europe et inversement. »

Selon elle, nous n’avons que « très peu de temps » pour conclure un accord commercial, et l’UE doit « comprendre les attentes du Royaume-Uni pour y parvenir »

Cette semaine, le comité du Parlement britannique sur la sortie de l’UE a présenté 15 « tests » pour parvenir à un accord de retrait final. Le premier sujet abordé est celui d’une frontière ouverte en Irlande du Nord. 

La liste prévoit également l’absence de tarifs ou de contrôles douaniers, la participation continue du Royaume-Uni à Europol, aux bases de données en matière de sécurité de l’UE et aux agences européennes des médicaments, de l’aviation et des produits chimiques, sans oublier son implication dans les projets de l’UE dans les domaines de la recherche, de l’éducation et de l’espace ainsi que l’accès au marché pour les banques britanniques. 

Critiqué comme étant trop favorable à un statu quo, le rapport vise à « maintenir une convergence réglementaire avec l’UE » et à garantir la libre circulation des travailleurs qui fournissent des services transfrontaliers. Et si les négociations sur la future relation devaient échouer, le président du comité et député travailliste, Hilary Benn, a déclaré que le Royaume-Uni devrait remettre en question l’adhésion du pays à l’Espace économique européen. 

Mme McEntee a également précisé que l’UE laissait la possibilité au Royaume-Uni de revoir ses positions, ce que l’Irlande « accueillerait » comme une solution au problème de la frontière. 

« Les lignes directrices prévoient un accord de libre-échange, ce qui permet de changer d’avis. Si cela signifie le retour de l’union douanière et du marché unique, cette option est également possible », a-t-elle expliqué. 

Elle se montre toutefois sceptique quant au renversement de situation que pourrait apporter un second référendum britannique sur le Brexit

« Je ne sais pas si l’organisation d’un autre référendum aujourd’hui permettrait de changer l’opinion publique », a-t-elle conclu. « Dans un an, la situation sera peut-être différente ; nous avons assisté à des changements d’avis au fur et à mesure que nous examinions les sujets en détail. » (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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