La Commission européenne s'est dite confiante dans la capacité des autorités italiennes à former un gouvernement stable pour le pays, lundi 5 mars. « Il faut garder son calme et aller de l'avant », a dit son porte-parole, Margaritis Schinas.
Les partis eurosceptiques et europhobes sont les grands vainqueurs des élections législatives qui se sont tenues dimanche 4 mars. Selon des résultats presque définitifs, le parti Movimento 5 stelle (M5S) du comédien polémiste Beppe Grillo est arrivé largement en tête (32,6 % des suffrages) et le parti de la droite identitaire Lega Nord a dépassé son partenaire de coalition Forza Italia (réciproquement 17,4 % et 14,0 %).
Les sociaux-démocrates du Partito Democratico (PD) se sont écroulés, n'obtenant que 18,7 %. Assumant la défaite, l'ancien président du Conseil, Matteo Renzi, a démissionné de sa charge de secrétaire général du PD. Allié au PD, le mouvement +Europa n'entrera pas au Parlement national (EUROPE 11911).
Dans cette configuration, aucune coalition n'a obtenu la majorité. Le leader du M5S, Luigi Di Maio, s'est dit ouvert à un dialogue avec d'autres forces politiques pour assumer la responsabilité d'octroyer un gouvernement à son pays.
Le leader de la Lega Nord, Matteo Salvini, a estimé qu'il avait « le droit et le devoir de gouverner avec le centre droit ». Plus le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, parlera, plus nous prendrons des voix, s'est-il aussi félicité. L'eurodéputé Mario Borghezio (Lega Nord) a salué la victoire de son mouvement « souverainiste et identitaire », la qualifiant de « message encourageant pour toute l'Europe des Peuples, de l'Atlantique à l'Oural ».
Selon nos informations, le président du groupe S&D au Parlement européen, Gianni Pittella, a été élu au Sénat. Il devrait donc renoncer à sa fonction, afin qu'un nouveau président de groupe soit élu.
De l'avis du coprésident du groupe Verts/ALE au PE, le Belge Philippe Lamberts, la victoire des partis perçus comme 'anti-establishment' n'est pas surprenante « dans un pays où 30 % de la population est en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale et 35 % des jeunes sont sans emploi, dans un pays abandonné par les autres États membres de l'Union face au défi migratoire ». (Mathieu Bion)