Plusieurs responsables du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de la Commission européenne ou encore du Parlement européen ont fait le point, lundi 5 mars en commission des libertés civiles du PE, sur les actions prises pour venir en aide aux réfugiés et migrants pris au piège en Libye.
Conformément aux engagements du Sommet UE/Afrique d’Abidjan en octobre dernier (EUROPE 11926), 15 000 personnes bloquées dans des camps ou des centres de détention en Libye ont déjà été évacuées depuis novembre 2017 en coopération avec l'OIM notamment, parmi lesquelles 9379 personnes sont retournées dans leur pays d’origine. En outre, via le mécanisme de ‘transit d’urgence’ pour les personnes les plus vulnérables, 1334 personnes ont été transférées dont 1020 vers le Niger, 312 vers l’Italie et seulement 25 pour la France.
Il faut que les pays européens « nous montrent ce qu’ils sont prêts à faire », a dit Karmen Sakhr, chef de l'unité 'Afrique du Nord' au HCR. Car il reste beaucoup de migrants piégés en Libye toujours dans « des conditions très difficiles », a-t-elle souligné.
Selon les chiffres du HCR, il resterait en effet 800 000 personnes migrantes en Libye en situation irrégulière et confrontées à des conditions de détention très dures. La Commission européenne évoque un chiffre de 700 000 personnes.
Le HCR a détaillé les priorités de son action : le renforcement des liens avec les autorités libyennes, l’amélioration de la situation humanitaire sur place et l’aide aux personnes déplacées, au sein de la Libye ou entre différents pays.
À noter que le Parlement européen a annoncé l’envoi d’une délégation ad hoc en Libye, composée de membres des commissions des affaires étrangères, des libertés civiles et de la délégation du PE pour le Maghreb. (Solenn Paulic)