Les chambres centrales de compensation (CCP) de l’UE sont résilientes face à des chocs extrêmes sur les marchés. C’est la conclusion que tire l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) au vu des résultats du test de résistance ('stress test') qu’elle a mené en 2017 sur 16 CCP et publié vendredi 2 février.
Les CCP assurent le lien entre deux parties à une transaction (échanges d’obligations, d’actions, instruments dérivés, matières premières). Leur but est d’assurer que la transaction aille à bon port, même si l'une des parties fait défaut, et elles sont donc connectées avec toutes les institutions financières actives dans les marchés liés. Les 16 CCP testées comptent près de 900 membres compensateurs et totalisent 270 milliards d'euros de ressources.
« Je suis ravi de voir que les contreparties centrales de l'UE ont bien réagi aux scénarios rigoureux utilisés pour mener ce deuxième test de résistance à l'échelle de l'UE », a déclaré le président de l’ESMA, Steven Maijoor.
Comme pour son premier exercice en 2016 (EUROPE 11544), le test de résistance s'est focalisé sur l'évaluation du risque de contrepartie auquel les CCP seraient exposées en cas de défaut de plusieurs membres combinés à de fortes variations de prix sur les marchés. La nouveauté en 2017 est qu’elles ont aussi été testées sur leur capacité à résister à des risques de liquidité.
Les résultats montrent que, globalement, elles sont suffisamment financées pour résister au défaut des deux plus grandes entités compensatrices actives auprès de plusieurs chambres et aux chocs extrêmes du marché.
Néanmoins, pour la CCP espagnole BME clearing, ce scénario conduit à un manque mineur de ressources préfinancées requises. Mais, précise l’ESMA, le manque à gagner n'est que marginal et sans impact systémique, considérant notamment qu'une marge excédentaire pourrait être utilisée pour couvrir ce petit déficit. La CCP londonienne ICE Clear Europe, quant à elle, aurait des ressources préfinancées requises suffisantes, mais celles-ci ne couvriraient que marginalement les pertes simulées.
Concernant le risque de liquidité, l’ESMA a indiqué n’avoir détecté aucun problème majeur de risque systémique ni aucune lacune particulière dans la gestion de ce risque au sein des CCP testées. (Marion Fontana)