La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire européen aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, ont émis, vendredi 2 février, des réserves quant à l’indépendance de la justice en Turquie.
« Le renversement de la décision du tribunal de libérer le président d'Amnesty International Turquie, Taner Kılıҫ (EUROPE 11952) et la détention des membres du comité exécutif de l'Association médicale turque sont les derniers exemples des développements inquiétants qui minent l'État de droit, l'indépendance et l'impartialité du pouvoir judiciaire en Turquie », ont-ils expliqué dans un communiqué commun.
La Haute Représentante et le commissaire ont aussi mis en exergue le cas des journalistes Sahin Alpay et Mehmet Altan, maintenus en détention malgré la décision de la Cour constitutionnelle du 11 janvier de les libérer. Selon eux, l'UE attend des autorités turques qu'elles veillent à la mise en œuvre de la décision de la Cour et à ce que ces journalistes soient libérés « sans délai ».
« La non-exécution des arrêts (...) en plus de porter atteinte à l'État de droit, risque de créer un précédent malheureux, car elle soulève de sérieux doutes quant à l'existence d'un recours juridictionnel effectif », ont-ils prévenu.
Mme Mogherini et M. Hahn ont rappelé que « des améliorations concrètes et durables dans le domaine de l'État de droit et des libertés fondamentales » restaient « essentielles » pour les perspectives des relations UE-Turquie. (Camille-Cerise Gessant)