En visite à Mexico, jeudi 1er et vendredi 2 février, le vice-président de la Commission européenne en charge du pôle économique, Jyrki Katainen, a souligné la nécessité d'une « volonté politique forte » pour mener à bien les négociations sur la modernisation de l'accord global UE/Mexique de 2000.
« Une volonté politique forte est nécessaire pour surmonter la partie la plus difficile des pourparlers », lancés en mai 2016 et désormais entrés dans leur phase finale, a insisté M. Katainen dans un entretien avec l'agence espagnole EFE, après des réunions, vendredi, avec des membres du cabinet du président mexicain, Enrique Peña Nieto. La Commission a « beaucoup plus d'expérience dans ces situations », a souligné M. Katainen, invitant les négociateurs mexicains « à faire leur maximum ».
L'UE et le Mexique sont engagés dans une course contre la montre pour dégager un accord politique avant que ne débute, le 1er mars, la campagne des élections générales mexicaines du 1er juillet.
Mois de février décisif. Au plan technique, les négociateurs de la Commission accueilleront leurs homologues mexicains la semaine du 5 février, avant de se rendre à Mexico le 12 février.
Lors de sa tournée à Mexico, M. Katainen a passé en revue avec le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, et le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo Villarreal, les principaux points de négociation qui restent à résoudre.
Les deux parties sont convenues de « l'importance » de conclure les négociations « dans les semaines à venir » et se sont dites « optimistes » quant aux progrès qui peuvent être réalisés lors des prochaines sessions de négociation au plan technique.
En matière d'accès au marché, les discussions achoppent sur le volet agricole, très sensible pour l'UE, notamment sur la question des produits laitiers, et sur l'ouverture des marchés publics mexicains.
D'autres « questions centrales », telles que les services financiers, les mouvements temporaires de travailleurs, la protection intellectuelle y compris la protection des indications géographiques (IG) - sur lesquelles les discussions sont « complexes » - et la protection des données, restent « ouvertes », a indiqué la négociatrice en chef européenne, Helena König, le 23 janvier (EUROPE 11945).
Européens et Mexicains doivent aussi s'entendre sur le chapitre sur la protection des investissements, y compris un mécanisme de règlement des litiges entre investisseurs et États reposant sur la proposition de système de cour spéciale pour l'investissement (ICS) inclus dans l'accord de libre-échange UE/Canada (CETA), un système qui vise à remplacer les tribunaux d'arbitrage privés du type ISDS. Le Mexique a récemment accepté de travailler sur la base du modèle ICS, selon Mme König.
Clause anticorruption. M. Katainen a insisté vendredi sur le rôle de la clause anticorruption prévue dans l'accord global UE/Mexique révisé pour renforcer le commerce bilatéral.
« C'est la première fois que l'UE inclut une telle clause dans un de ses accords de libre-échange. Elle contribuera à améliorer les échanges et la coopération », a souligné M. Katainen dans un entretien avec l'agence EFE. « Ce sont les hommes d'affaires mexicains eux-mêmes qui ont demandé l'inclusion de cette clause, qui offrira au pays une plus grande sécurité juridique et une plus grande crédibilité, ce qui, à son tour, favorisera l'investissement et le commerce », a-t-il insisté.
Cette clause vise à réduire les cas de corruption parmi les responsables politiques mexicains - l'un des principaux fléaux du pays, avec la violence - qui entravent un plus grand développement économique.
L'introduction d'une clause similaire a déjà été convenue dans le cadre des négociations pour la modernisation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). (Emmanuel Hagry)