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Bulletin Quotidien Europe N° 11941
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Eu2018bg

M. Juncker appelle la Présidence bulgare du Conseil à être constructive sur le cas polonais

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé, mercredi 17 janvier, la Présidence bulgare du Conseil de l’UE à être constructive concernant la procédure lancée à l’encontre de la Pologne en raison des manquements concernant l’État de droit.

Le 11 janvier, devant des médias européens, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, avait espéré qu’il n’y ait pas de vote alors que sa ministre chargée de la Présidence, Lilyana Pavlova, ne s’attendait pas à ce qu’une décision soit prise d’ici fin juin (EUROPE 11937).

« Je veux appeler le Premier ministre bulgare et son gouvernement à se montrer constructifs, d’être prêts au compromis dans le domaine de l’État de droit en Pologne. Une des tâches de la Présidence est d’essayer de chercher un compromis. Mais la Présidence doit aussi faire en sorte que les décisions prises par le Conseil puissent être mises en œuvre », a-t-il expliqué lors d’un débat au Parlement européen sur la Présidence bulgare du Conseil de l’UE. M. Juncker a rappelé que la Commission n’était « pas en guerre » avec Varsovie, qu’elle avait juste un différend et estimé qu'il fallait arrêter de dire que la Commission ferait tout son possible pour que des sanctions soient prises contre la Pologne. « Le fait d’avoir recours à l’article 7.1 (du traité) n’est pas une sanction, c’est juste un article de mise en garde », a-t-il rappelé. M. Borissov n’a pas réagi à cette remarque.

Une Présidence concentrée sur la jeunesse et les Balkans

Le Premier ministre Borissov a préféré détailler le programme de la présidence exercée par son pays, programme qui a obtenu le soutien des députés. M. Borissov a ainsi rappelé que l’avenir de l’Europe et la jeunesse étaient des priorités. Au nom du S&D, l'Espagnole Elena Valenciano a souligné qu’il était important de se concentrer sur la justice sociale, de développer le pilier social de l’Europe, ajoutant que « la justice sociale n’est pas possible s’il n’y a pas de justice fiscale ». « La fuite des cerveaux, le chômage des jeunes sont la maladie de l’Europe (…) Cela a un impact sur la croissance de l’Europe. Il faut travailler main dans la main pour trouver une solution efficace », a ajouté M. Castaldo (italien) pour l’ELDD.

La Bulgarie veut aussi mettre l’accent sur la perspective européenne des Balkans occidentaux, priorité soutenue par les députés. « Je sais qu’on peut leur dire que la perspective européenne est là. Les habitants des Balkans croient fermement en l’adhésion, ils se sentent Européens. (…) Que se passera-t-il si on n’aide pas ces pays, s’il n’y a pas de connexions, le corridor de transports est très important, on doit venir en aide à ces pays par tous les moyens possibles, donner des espoirs aux jeunes », a expliqué M. Borissov, soulignant un risque de radicalisation si cela n’était pas fait.

Pour le Grec Dimitrios Papadimoulis, au nom de la GUE/NGL, la Présidence bulgare pourrait être « la présidence idéale pour aller de l’avant » dans le dossier des Balkans, pour que la région ne soit pas « une poudrière », mais « une passerelle entre l’UE et la Méditerranée orientale et le Proche-Orient ».

Le Premier ministre a aussi cité l’économie numérique, les questions sociales, la défense ou encore la normalisation des relations entre la Turquie et la Russie (EUROPE 11938), la stabilité et la sécurité, y compris les questions migratoires. « Concernant la migration, le Parlement européen a fait son travail, la Commission européenne aussi, on attend maintenant que le Conseil prenne les décisions nécessaires », a rappelé Mme Valenciano. Pour l’ADLE, son compatriote Javier Nart a estimé qu'il fallait mettre en œuvre les réformes du système d’asile commun, rappelant « qu’il n’y a pas d’immigration sans intégration et pas d’intégration sans contrôle de la migration ».

Définir les priorités du budget avant de définir son montant

Le budget a aussi fait l’objet de discussion. M. Borissov a soutenu le maintien de la Politique agricole commune et de la Politique de cohésion, expliquant les bénéfices qu’avait apporté la Politique de cohésion dans les ‘nouveaux’ pays européens. « Merci aux anciens pays qui ont investi dans nos économies pour garantir notre développement », a-t-il lancé. Tout comme M. Juncker, l’Allemand Manfred Weber, pour le PPE, a précisé que le plus important dans le débat sur le cadre financier pluriannuel était de définir tout d’abord les priorités, puis de définir les fonds nécessaires. « Nous voulons une approche ambitieuse », a-t-il souligné.

Les députés ont aussi soutenu l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen et à l’eurozone. Attaqué par plusieurs députés européens, dont l'Allemande Ska Keller au nom des Verts, sur la corruption, M. Borissov a estimé que, si la corruption était aussi rampante qu’ils le disaient, les politiques ne seraient pas réélus. Pour Mme Keller, l'exercice de la présidence de l'UE est une bonne occasion pour prendre des mesures dans la lutte contre la corruption, dénonçant le fait que les mesures déjà prises sont inefficaces voire qu’elles ont un effet contraire par rapport à l'objectif visé. (Camille-Cerise Gessant)

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