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Bulletin Quotidien Europe N° 11941
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

La Médiatrice européenne recommande à Mario Draghi de suspendre son adhésion au ‘Groupe des 30’

La Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, a recommandé mercredi 17 janvier au président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, de suspendre jusqu'à la fin de son mandat son adhésion au ‘Groupe des 30’ (G30), une organisation privée qui se définit comme un « forum de discussion » et qui regroupe des banquiers des secteurs public et privé. 

La participation de la BCE aux activités du G30 avait déjà fait l’objet d’une première plainte en 2012 mais le Médiateur européen avait jugé, à l’époque, que cela ne nuisait ni à l’indépendance, ni à la réputation ou l’intégrité de la BCE. Saisie d’une nouvelle plainte en 2016 de l'ONG Corporate Europe Observatory (EUROPE 10505), la Médiatrice a décidé de rouvrir l’enquête, en raison, notamment, des nouveaux pouvoirs de surveillance conférés à la BCE.

Selon Mme O'Reilly, il est important de démontrer qu’il existe une séparation claire entre la BCE, en tant que superviseur, et le secteur financier qui est affecté par ses décisions. Parmi les membres du G30 figurent en effet des représentants de banques directement contrôlées par la BCE (Santander et Bayerische Landesbank), en tant que superviseur unique au sein de l'union bancaire en zone euro.

La Médiatrice a également recommandé que les futurs présidents de la BCE ne deviennent pas membres du G30 et ce, afin de « préserver la Banque et son président de tout soupçon d’atteinte à l’indépendance de la Banque ». Elle a néanmoins estimé que la BCE pouvait légitimement continuer à participer à certaines activités publiques du G30, à condition que celles-ci soient soumises aux mêmes mesures de transparence que pour les autres réunions entre les membres de la BCE et le secteur bancaire, y compris la divulgation des ordres du jour des réunions et les comptes-rendus des discussions.

Dans un communiqué, Sven Giegold (Verts/ALE, allemand) somme M. Draghi de tirer les conséquences de cette recommandation. « La BCE doit maintenant prendre au sérieux les critiques des autorités de l'UE concernant le manque de transparence et les conflits d'intérêts », a-t-il immédiatement réagi.

L’association plaignante a salué cette décision et espère que la BCE mettra en œuvre « sans hésitation » les recommandations de la Médiatrice. L’institut monétaire a jusqu’au 15 avril 2018 pour faire part de sa réponse. (Marion Fontana)

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