login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11923
Sommaire Publication complète Par article 11 / 37
POLITIQUES SECTORIELLES / PÊche

Les ONG mettent en garde les États membres sur les risques de surpêche 

Quatre organisations non gouvernementales - Pew, ClientEarth, Seas at risk et Oceana - ont alerté sur les risques que faisait peser la surpêche sur les stocks de poissons, alors que les ministres de la Pêche de l’UE tenteront de marquer un accord, tard dans la nuit du 12 au 13 décembre, sur leurs possibilités de pêche dans l’Atlantique pour 2018 (EUROPE 11920).

La Politique commune de la pêche (PCP) prévoit que tous les stocks soient pêchés à des niveaux permettant de produire le rendement maximal durable (RMD) d’ici 2020 (à titre dérogatoire puisque l’échéance initiale était 2015). Mais, soulignent les ONG, la proposition de la Commission européenne sur les totaux admissibles de captures (TAC) pour 2018 est insuffisante pour atteindre l’objectif de 2020, et les négociations entre les États membres risquent de les affaiblir encore un peu plus.

Selon une étude commandée par l’ONG Pew, en 2017, 55% des limites de captures fixées par les États membres étaient au-dessus des niveaux recommandés par les avis scientifiques. Néanmoins, les choses s’améliorent puisqu’en 2013, la surpêche touchait 62% des stocks. Mais pas assez rapidement cependant pour atteindre l’objectif fixé dans le cadre de la PCP.

Dans le détail, les captures sont à 40% au-dessus des avis scientifiques en mer Baltique, 48% en mer du Nord, 59% dans l’Atlantique nord-ouest et 57% dans l’Atlantique sud-ouest. Enfin pour les espèces d’eau profonde – dont les quotas sont discutés tous les deux ans au mois de novembre (EUROPE 11668), ce chiffre atteint 73%. « Si on suit la tendance, en 2020 50% des stocks seront encore surpêchés », a prévenu Andrew Clayton de Pew.

En termes d’États membres, les ONG estiment que l’Espagne est celui qui pratique le plus cette surpêche (38%), suivie du Portugal (34%), des Pays-Bas (27%), de l’Irlande (25%) et de l’Allemagne (22%).

« Le problème est que rien n’est fait pour mettre en place un plan à moyen terme, alors qu’il serait possible de prévoir sur quels stocks agir en premier et comment éviter les impacts négatifs d’un point de vue socio-économique », déplore Bjorn Stockhaussen de Seas at risk.

Pourtant, dans une étude publiée récemment par Oceana, il serait possible en 10 ans d’augmenter de 57% la pêche si les stocks de poissons étaient gérés de manière durable. Le chiffre d’affaires du secteur bondirait alors de 2,4 milliards d’euros par an et 92 000 emplois directs et indirects seraient créés. « La surpêche est non seulement illégale (au regard du droit européen) mais également stupide d’un point de vue économique », résume Lasse Gustavsson, d’Oceana.

Mais il faudrait pour cela prendre des mesures fortes: - réduire sévèrement les captures les premières années car aujourd’hui seulement 7% des stocks sont jugés en bonne santé; - mettre en place des zones de protection; - interdire les modes de pêche les plus destructeurs, et; - mettre fin à la pêche illégale. Des mesures que les États membres ont, jusqu’à présent, refusé de mettre en œuvre.

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE