L’Union européenne a à cœur que les élections présidentielles reportées à plusieurs reprises en République démocratique du Congo (RDC) aient bien lieu à la date désormais fixée au 23 décembre 2018 et qu’elles marquent le début d’une alternance démocratique dans le pays.
C’est le message exprimé par le Conseil de l’UE, lundi 11 décembre à Bruxelles, dans des conclusions adoptées sans débat en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères. Le Conseil a également décidé sans débat de prolonger d’un an, jusqu’au 12 décembre 2018, les sanctions en vigueur – gels des avoirs et interdiction de visa dans l’UE - à l’encontre de 16 personnes occupant des postes de responsabilités dans l'administration de l'État et dans la chaîne de commandement des forces de sécurité, reposables de violences ou d’entrave à la transition (EUROPE 11797).
« La tenue d’élections crédibles transparentes, inclusives, et pacifiques doit permettre de sortir de la crise politique en permettant une alternance démocratique en République démocratique du Congo », souligne le Conseil. Il insiste à cet égard, sur « la responsabilité première du gouvernement et des institutions en charge de l’organisation des élections », à qui il incombe de prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect du calendrier électoral, à travers un processus crédible, légitime et consensuel, conforme à l’Accord politique de la Saint- Sylvestre.
C’est, de l’avis de l’UE, « déterminant, notamment pour la légitimité des institutions chargées de la transition. »
L'UE réaffirme sa volonté d’appuyer des élections crédibles et inclusives, en collaboration avec l’ensemble des acteurs congolais et de leurs partenaires, en particulier les Nations Unies, l’Union africaine, la SADC, le Comité des chefs d’états-majors de la Conférence internationale sur la région des Grands-lacs (CIRGL) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
L’Union condamne vivement les violations des droits de l’Homme ainsi que le harcèlement d’acteurs politiques de l’opposition, de représentants des médias, de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme.
La Monusco visée. Samedi 9 décembre, l’UE avait condamné dans les termes les plus fermes l’attaque meurtrière perpétrée jeudi 7 décembre contre la Monusco au Nord Kivu – la pire jamais commise contre des soldats de la paix, laquelle a coûté la vie à 15 casques bleus tanzaniens, 5 militaires congolais et fait une cinquantaine de blessés civils et militaires. « Cette attaque inacceptable souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC exacerbée par l’incertitude actuelle sur la stabilité politique du pays », avait déclaré le porte-parole du Service européen pour l’Action extérieure (SEAE), dans un communiqué. L’UE appelait les autorités de la RDC à mener une enquête pour que les responsables soient rapidement traduits devant la justice. (Aminata Niang)