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Bulletin Quotidien Europe N° 11918
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ACTION EXTÉRIEURE / Libye

M. Cochetel appelle les Européens à s’attaquer aux fonds des trafiquants d’êtres humains

L’envoyé spécial du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU pour la route de la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, a appelé, lundi 4 décembre, les Européens à contrôler les flux financiers des trafiquants d’êtres humains en Libye.

« Il faut un peu moins de belles paroles et un peu plus d’action », a-t-il exhorté devant les députés de la commission du développement au Parlement européen. « Je crois qu’il faut se concentrer sur les flux financiers », a-t-il expliqué. Selon M. Cochetel, des États européens donnent des pavillons à des bateaux qui transportent du pétrole des milices et certains trafiquants ont des comptes en Europe. « Il faut un travail de police sérieux, une coopération judiciaire à une plus grande échelle », a-t-il ajouté. « Pour l’instant, il y a l'impunité la plus totale », a-t-il regretté, précisant que, si certains trafiquants sont connus, « personne n’est interdit de visa ou n’a ses avoirs gelés ».

Le 18 juillet (EUROPE 11831), le Conseil 'Affaires étrangères' se disait « prêt à examiner des possibilités d'étendre les mesures restrictives pour les passeurs et les trafiquants d'êtres humains ». Toutefois, selon une source européenne, les Européens souhaiteraient que des mesures soient prises au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU et, de toute façon, au niveau européen, aucune avancée n'a été enregistrée sur le plan juridique pour les sanctions.

Lors d’une autre audition, cette fois à la commission des affaires étrangères du PE, le chargé d’affaires de la mission de la Libye auprès de l’UE, Mohamed Farhat, a expliqué que « plus que jamais » son pays était prêt à travailler en coopération avec les partenaires internationaux « pour trouver une solution aux causes des départs des migrants ». « L’Union africaine n’a pas pris une seule initiative pour aider la Libye », a-t-il dénoncé.

« Nous ne pouvons pas juste nous occuper des questions des migrants ; c’est là seulement un des défis (…) auxquels les Libyens sont confrontés. La Libye est un pays en période de post conflit, dans une situation très difficile, dangereuse. Il est difficile de remettre un pays sur pied en se concentrant uniquement sur la question des migrations », a aussi prévenu l’officiel libyen.

La période de transition politique, convenue dans l’accord du 17 décembre 2015, prend fin le 17 décembre, alors que le pays est toujours aussi divisé. M. Farhat a cité la fragmentation politique, la multitude des groupes armés, la corruption et la crise économique. Pour lui, afin d’aider la Libye, l’UE devrait lui accorder un régime préférentiel autonome, car cela aiderait l’agriculture, la pêche, l'industrie alimentaire, contribuerait à promouvoir les exportations libyennes en Europe et donneraient du travail à plusieurs milliers de jeunes Libyens et Africains. 

« La situation catastrophique des Libyens est indéniable, il n’y a plus d’électricité, d’eau, de carburant, d’argent liquide en circulation. Il est difficile d’assumer le quotidien », a résumé le chercheur Karim Mezran du Centre Rafik Hariri pour le Moyen-Orient. « Il est nécessaire, si on veut sauver la transition libyenne (…), que la communauté internationale agisse rapidement derrière le plan de l’ONU, car on est en train de perdre le peuple libyen », a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Selon ce chercheur, « si le plan (de l’envoyé spécial pour la Libye Gebran) Salamé ne fonctionne pas, il faudra faire appel au peuple à travers des élections et voir si la participation est élevée ». Il a ajouté que si tel était le cas, il serait difficile pour les milices de s’opposer au résultat. (Camille-Cerise Gessant)

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