Il est tout à fait justifié de maintenir les ressources actuelles de la Politique agricole commune (PAC), estime la direction générale de l’agriculture de la Commission européenne dans un document interne de simulation budgétaire. Le document évalue l’impact d'une baisse du budget agricole (408 millions € sur la période 2014-2020) de 15% et 30% en 2021-2027.
« Beaucoup d’agriculteurs sont déjà confrontés à une situation précaire, le salaire horaire moyen du secteur étant d’environ 40% de celui de l’ensemble de l’économie. Et on leur demande encore de 'faire plus' », pour l’environnement notamment, soulignent les services agricoles.
Dans le scénario d’une réduction de 30%. Le revenu des agriculteurs en Suède et Finlande serait réduit de 30%, et de plus de 10% en Bulgarie, Estonie, Grèce, Hongrie, Roumanie, Slovénie et Slovaquie. Dans certains secteurs, la baisse moyenne pourrait atteindre 26%, les plus touchés étant les producteurs de bovins, de céréales, d’oléagineux et protéagineux, d’oliviers et d’ovins. De même, les petites exploitations, les très grandes exploitations et celles situées dans des zones soumises à des contraintes naturelles, seraient les plus affectées.
Dans le cas d’une baisse de 15% du budget, les exploitations les plus touchées seraient sensiblement les mêmes, mais dans une moindre mesure (-10% pour le secteur bovin, -7% pour les céréales).
Au-delà de ces impacts économiques directs, d’autres sont attendus : une baisse modeste du prix des terres qui ne résoudrait néanmoins pas le problème de l'accès au foncier pour les jeunes agriculteurs, une augmentation du risque de concentration de la production dans certaines zones et d’abandon des terres dans d’autres et une aggravation de la situation déjà précaire des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
Enfin, la direction générale de l’agriculture se dit opposée à l’idée d’un cofinancement par les États membres des paiements directs (une option qui figure dans le document de réflexion de la Commission sur l’avenir des finances de l’UE) qui aurait « un effet extrêmement déséquilibré en termes de partage des charges entre les États membres ». Par exemple, le cofinancement des paiements directs à hauteur de 30% réduirait la dotation de la PAC d’environ 82 milliards € pour la période 2021-2027 (-19,8%), mais certains États membres y gagneraient (Allemagne, Italie, Pays-Bas) quand d’autres y perdraient (Bulgarie, Espagne, Pologne, États baltes…).