Les ministres chargés de l’Espace dessinent à grands traits leur vision de l’avenir du programme Copernicus dans leurs conclusions sur l’évaluation à mi-parcours de ce programme, consultées par EUROPE lundi 27 novembre, qui devraient être adoptées sans débat lors du Conseil ‘Compétitivité’, vendredi prochain.
Ces conclusions ont été adoptées par les ambassadeurs auprès de l’UE lors de la réunion du Comité des représentants permanents (COREPER) de vendredi 24 novembre. Elles suivent de près la réunion informelle sur l’Espace qui s’était tenue à Tallinn début novembre, durant laquelle un consensus s’était dessiné entre les États membres pour apporter un budget « nécessaire » pour garantir la poursuite et le développement du programme (EUROPE 11900).
Dans leurs conclusions, les ministres reconnaissent ainsi le rôle « clé » que joue ce programme pour garantir une indépendance d’accès pour l’Europe à des données géospatiales « stratégiques » et, dans ce cadre, insistent sur la nécessité d’avoir des infrastructures sécurisées et intégrées pour garantir la « continuité » et les « futures évolutions » du programme en lien avec les besoins des usagers, « sans préjuger du prochain cadre financier pluriannuel ».
Ils invitent la Commission à construire l’avenir du programme en se fondant sur la chaîne de valeur de données, comme à l’heure actuelle, en insistant sur le rôle des PME. Durant les échanges au COREPER, plusieurs États membres, dont l’Irlande, les pays baltes, ou encore la Pologne auraient insisté sur le rôle des PME.
Le rôle prépondérant des données spatiales
Les données occupent une place prépondérante dans le texte, qui insiste notamment sur la nécessité de maintenir « le volume, l’uniformité, la continuité, la fiabilité, la gestion et la qualité » des données produites ainsi que leur accès pleinement gratuit.
Les conclusions mettent en lumière la nécessité de faire évoluer les infrastructures en prenant en compte les avancées technologiques et les tendances qui impactent l’observation terrestre, y compris le « New Space » - le secteur privé américain émergeant dans le domaine spatial – en se concentrant sur le changement climatique, le développement durable et la sécurité.
Les ministres appellent la Commission européenne et les États membres à explorer de nouveaux modèles commerciaux et opérationnels en vue de renforcer les capacités de Copernicus et les sources de données. Le texte demande à la Commission d'examiner les synergies entre Copernicus et les autres programmes, notamment Galileo et EGNOS.
Prague en embuscade pour renforcer le rôle de l’agence GSA. La question de la synergie revêt une grande importance pour la République tchèque, qui avait émis une réserve à ce sujet avant de la lever lors du dernier COREPER, selon nos informations. Prague souhaitait une intégration poussée entre Copernicus et les programmes Galileo et EGNOS. Et pour cause, la capitale tchèque accueille l’Agence européenne GSA qui gère ces deux derniers programmes.
Renforcement de DIAS. Par ailleurs, les États membres soulignent l’importance de créer un écosystème de données d’observation terrestre en EUROPE et veulent, pour ce faire, s’appuyer sur le Copernicus Data and Information Access Services (DIAS), une plateforme d’information qui devrait être déployée début 2018.
Le rôle des commandes institutionnelles. Surtout, les ministres mettent en avant « l’importance cruciale » des États membres et de la Commission pour adopter une approche forte et stimuler la demande des données et services du programme Copernicus.
Pour rappel, l’industrie spatiale souhaiterait 7 milliards d’euros (EUROPE 11882) et l’ESA envisagerait un budget de 8 milliards d’euros (EUROPE 11902). (Pascal Hansens)