À la veille du sixième cycle (depuis leur reprise en octobre 2016) de négociations de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), du 29 novembre au 5 décembre à Bruxelles, et d'un possible échange d'offres améliorées sur l'accès au marché (marchandises, services et marchés publics), le 4 décembre, les États membres de l'UE ont mis la pression sur la Commission pour trouver le bon équilibre entre les intérêts offensifs dans le domaine industriel et les intérêts défensifs dans le domaine agricole.
Lors d'une réunion du comité du Conseil chargé de la politique commerciale, la France, l'Irlande, la Pologne et d'autres pays membres ont plaidé pour une restriction de l'offre agricole de l'UE, faisant valoir qu'ils atteignaient la limite des concessions acceptables sur les produits sensibles, viande bovine en tête.
D'autres pays, emmenés par l'Allemagne, ont insisté pour une amélioration des conditions d'accès au marché pour leurs voitures et d'autres biens industriels.
La Commission devra « habilement naviguer » pour satisfaire les deux camps, car plus large sera l'accès au marché du Mercosur recherché pour les biens industriels de l'UE, plus cette dernière devra faire des concessions dans le domaine agricole, selon un diplomate relayé par le Financial Times.
L'une des priorités de l'Allemagne dans ces tractations est de réduire considérablement le délai de 15 ans pour la libéralisation progressive proposé par le Mercosur pour son marché automobile. Son délégué a souligné vendredi qu'un trop grand nombre de réserves ou de clauses de protection à l'offre agricole de l'UE ne ferait qu'inciter le Mercosur à faire de même pour son offre pour les produits industriels.
La France a répété que ses sensibilités sur l'agriculture restaient très fortes.
Les États membres doivent donner, mardi 28 novembre, des réponses détaillées à un projet d'offre révisée au Mercosur que la Commission a diffusé la semaine dernière.
La nouvelle offre améliorée n'augmenterait pas les concessions déjà offertes sur la viande bovine ou l'éthanol, mais elle ouvrirait un contingent pour les importations de sucre (EUROPE 11906, 11909).
La Commission a toutefois averti vendredi qu'une amélioration de l'offre de l'UE pour le bœuf et l'éthanol serait nécessaire pour boucler un accord de principe.
Elle a appelé à ne pas manquer l'occasion qui est offerte pour sceller, avant les élections générales au Brésil, fin octobre 2018, un accord sur ces laborieux pourparlers lancés en 1999, rappelant que cet accord permettrait aux exportateurs européens d'obtenir 4 milliards d'euros d'économie de droits de douane.
La Commission a publié, lundi 27 novembre, le rapport sur les progrès enregistrés lors du cinquième cycle de pourparlers, début novembre à Brasilia. https://goo.gl/EcvaGz. (Emmanuel Hagry)