L’Union européenne a dénoncé, mercredi 4 octobre, la décision, prise la veille par la justice russe, d’emprisonner l’opposant Alexeï Navalny pour 20 jours. Celui-ci a été condamné pour avoir appelé à des manifestations non autorisées.
« L'UE s'attend à ce que M. Navalny soit libéré immédiatement et qu'il puisse exercer paisiblement ses droits fondamentaux », a expliqué une porte-parole de l’UE à EUROPE.
Cette décision « s'inscrit dans la poursuite du harcèlement de l'opposition et de ses dirigeants par les autorités russes », a-t-elle estimé. Selon elle, la condamnation « soulève des questions à propos de l'engagement des autorités russes de protéger les droits fondamentaux de tous ses citoyens, y compris les libertés fondamentales d'expression, d'association et de rassemblement pacifique ».
La porte-parole a rappelé que les autorités russes avaient l'obligation de protéger les droits fondamentaux de tous les citoyens et, « en particulier, en vue des élections présidentielles se tenant l'année prochaine, d'assurer l'égalité des chances pour tous les acteurs politiques du pays ».
Elle a également rappelé le mémorandum du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe du 29 septembre, selon lequel la législation russe sur la liberté de rassemblement était devenue « considérablement plus restrictive ces dernières années », qu’il y avait eu « de nombreuses arrestations de personnes participant aux manifestations » et une « intolérance grandissante vis-à-vis des événements 'non-autorisés' » en Russie.
M. Navalny avait déjà été condamné à 25 jours de détention, en juin, pour avoir organisé une manifestation interdite par les autorités (EUROPE 11807). (Camille-Cerise Gessant)