Si l’Égypte est un partenaire important de l’UE, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la gestion de la migration, cela ne doit pas justifier de mettre la question des droits de l'homme sous le tapis, ont souligné de nombreux députés européens lors d’un débat en plénière sur les priorités de partenariat entre l’UE et l’Égypte pour 2017-2020 (EUROPE 11836).
« Aucune coopération de court terme dans la lutte contre le terrorisme ou la migration ne peut compenser les violations des droits de l’homme et justifier le silence de l’UE », a souligné, au nom de l’ADLE, Marietje Schaake (néerlandaise), rappelant les actes de torture, les disparitions forcées, les exécutions extra judiciaires, les procès de civils devant des cours martiales ou encore la loi sur le travail des ONG (EUROPE 11800).
Pour l'Italien Fabio Castaldo, au nom de l’ELDD, la référence aux droits de l'homme dans l'accord est « surréaliste car, sur le territoire de notre partenaire, il y a des dizaines et des dizaines de disparitions. Les autorités égyptiennes ne font rien pour ces droits ».
Même son de cloche chez les Verts/ALE. « L’accord engage les deux parties à défendre les droits de l'homme, mais la réalité en Égypte est tout autre », a estimé Barbara Lochbihler (allemande). Selon elle, l’exportation d’armes de certains États membres vers l’Égypte rend l’UE « complice des violations des droits de l’homme » dans le pays.
Pour le PPE, le Roumain Cristian Dan Preda a estimé qu’il était « essentiel de continuer à travailler avec les Égyptiens pour privilégier une approche constructive » sur les droits de l’homme et la société civile. « Il ne doit pas y avoir de sujets tabous entre des partenaires », a renchéri la Portugaise Marisa Matias pour la GUE/NGL. Selon elle, « la question des droits de l’homme ne doit pas être considérée comme mineure », par rapport aux questions économiques et commerciales. Plusieurs députés, principalement italiens, ont rappelé le cas de l’étudiant italien Giulio Regeni, torturé et tué en Égypte (EUROPE 11485), pour lequel l’enquête patine.
À contre-courant, le député roumain Victor Boștinaru, pour le S&D, a uniquement mis l’accent sur l’importance du partenariat. « Pour combattre le terrorisme, il faut coopérer avec tous les partenaires, dont l’Égypte. (…) Il est important de coopérer sur la migration et la stabilité régionale », a-t-il estimé. (Camille-Cerise Gessant)