Les négociations pour la réunification de l'île de Chypre entre les dirigeants chypriotes grec, Nicos Anastasiades, et turc, Mustafa Akinci, reprennent ce mercredi 28 juin à Genève.
Avant cette reprise, l'émissaire spécial des Nations Unies, Espen Barth Eide, a estimé, mardi 27 juin, devant la presse, à Genève, qu’« il était possible de trouver une solution », lors de cette « occasion unique ». Mais il a aussi fait preuve de prudence, ajoutant que cela ne serait « pas facile » et qu’il n'y avait « aucune garantie de succès ».
Selon M. Eide, sur les six chapitres de discussion, « des progrès importants » ont été accomplis dans cinq d'entre eux lors de discussions de janvier. Il s’agit des questions de partage de la gouvernance, de la restitution des propriétés spoliées, des questions économiques, des relations avec l'UE et du découpage territorial entre les deux communautés. Mais, sur la question de la sécurité, « les points de vue sont diamétralement opposés », selon l’émissaire de l’ONU.
Selon une source européenne, la Turquie, qui a quelque 35 000 soldats stationnés dans le nord, en République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Ankara, souhaiterait avancer dans ses relations avec l’UE – actuellement compliquées – avant d’avancer sur la question chypriote. La Turquie serait prête à réduire de 80% sa présence militaire, mais pas de retirer totalement son contingent, selon une source diplomatique citée par l’AFP.
Les deux dirigeants chypriotes seront rejoints, au moins pour la première journée, par les ministres des Affaires étrangères des pays 'garants', la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, sera également présent avec le statut d’observateur. (Camille-Cerise Gessant)