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Bulletin Quotidien Europe N° 11812
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

La mise en œuvre des accords de Minsk est lente, reconnaissent la France, l'Allemagne et l'Ukraine

Le directeur général pour la politique et la communication au ministère des Affaires étrangères ukrainien, Oleksii Makeiev, l’envoyé spécial pour l’Ukraine du ministère des Affaires étrangères allemand, Andreas Prothmann, et le directeur adjoint pour la Russie et l’Europe de l’Est au Quai d’Orsay, Raphaël Martin de Lagarde, ont reconnu, mardi 20 juin, que les progrès dans la mise en œuvre des accords de Minsk étaient lents.

« On aurait aimé faire état de progrès beaucoup plus rapides, mais nous ne démordrons pas », a résumé M. Prothman. M. Makeiev a, lui, estimé qu’il n’avait pas de « bonnes nouvelles » à donner. « La Russie ne manifeste aucune intention de respecter les accords de Minsk. Le président russe n’a pas demandé aux troupes de respecter le cessez-le-feu et n’a pas retiré ses troupes », a-t-il expliqué, précisant que, depuis le 1er janvier, « les soldats ukrainiens et les civils avaient été bombardés plus de 20 000 fois ». Selon le diplomate ukrainien, les armes lourdes n’ont pas non plus été retirées et la Russie et les rebelles prorusses s’opposent à un contrôle de 409 km de frontières entre la Russie et l’Ukraine par la mission de l’OSCE. « Nous ne voyons aucune volonté politique (de la Russie) de progresser dans le format Minsk (groupe trilatéral) ou Normandie », a-t-il insisté.

Pour M. Prothmann, la question la plus pressante est en effet l’amélioration de la sécurité sur le terrain. « C’est la logique initiale des accords de Minsk. La sécurité est un prérequis pour toute autre action, notamment politique », a-t-il rappelé, appelant à un cessez-le-feu fiable, au retrait des armes lourdes et à un désengagement sur le terrain. M. Martin de la Garde et M. Makeiev ont expliqué qu’il n’était pas possible, dans les conditions de sécurité actuelles, d’organiser des élections dans le Donbass. Le diplomate français a aussi rappelé la difficile situation humanitaire, alors que 3,8 millions de personnes ont besoin de cette assistance humanitaire et que celle-ci a du mal à arriver dans les territoires détenus par les rebelles prorusses.

Les diplomates allemand et français ont aussi rappelé qu’il n’y avait pas de plan B aux accords de Minsk, malgré des avancées limitées. « Je crois qu’il n’y a pas de plan B (...) car les parties russe et ukrainienne sont à la fois attachées au format Normandie et aux accords de Minsk, tout comme l’ensemble des partenaires européens et les Américains », a expliqué M. Martin de la Garde. Selon lui, le vrai plan B serait de ne plus rien faire, car, « dans les conditions actuelles, on ne peut pas réécrire Minsk ou changer le format ». « Ce serait dangereux, il y a un risque d’escalade », a-t-il ajouté. 

Et à moins de deux jours d’un sommet européen qui devrait se pencher sur le prolongement des sanctions économiques à l’égard de la Russie, le diplomate ukrainien a appelé à une telle prolongation, demandant même aux députés européens de faire pression sur leurs dirigeants pour que les sanctions soient prolongées de 12 mois et non de six mois comme c’est jusqu’à présent le cas. (Camille-Cerise Gessant)

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