login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11812
Sommaire Publication complète Par article 13 / 38
ACTION EXTÉRIEURE / Libye

L’envoyé spécial de l’Onu critique les actions de l’UE liées à la migration

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, a fortement critiqué, mardi 20 juin, les actions de l’UE liées à la migration, estimant qu’il n’y avait pas assez de contrôle des gardes-côtes et des centres de « détention » des migrants en Libye.

Devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, M. Kobler, qui quittera ses fonctions à la fin du mois, s’est demandé pourquoi l’UE ne surveillait pas les gardes-côtes libyens, dénonçant le fait que les gardes-côtes libyens refoulaient les migrants en les mettant à l’eau. « Les Européens doivent être plus actifs quand il s’agit de contrôler les gardes-côtes », a-t-il appelé. Pour lui, l’UE devrait demander au Conseil de la présidence libyen de pouvoir envoyer des contrôleurs lors des patrouilles des gardes-côtes. « Il faut commencer à y réfléchir pour éviter des infractions par ceux que vous formez », a-t-il lancé aux députés européens. « S’il n’y a pas un système de contrôle international pour veiller au grain, je déconseille de poursuivre la formation », a-t-il ajouté.

De même, M. Kobler a critiqué l’attitude des Européens concernant les centres de détention en Libye. « C’est très bien d’avoir des kits sanitaires, des médicaments, mais il y a des cadavres qui sortent des camps tous les jours, de la malnutrition. (...) Qui veille à ce que les gardes ne confisquent pas le savon ou les médicaments », a-t-il souligné, précisant que la situation des droits de l’homme dans les centres était « intolérable ». « Si on veut remédier à la situation dans les camps il faut du personnel (international), un contrôle 24h/24 », a-t-il expliqué. « Cette idée doit faire son chemin, tant que la surveillance n’est pas en place, il n’est pas réaliste de demander que l’on enferme plus de gens dans ces camps », a-t-il ajouté.

L’envoyé spécial de l’ONU s’est aussi interrogé sur les 100 millions d’euros débloqués par l’UE pour aider le gouvernement d’entente nationale, rappelant que la Libye était un pays riche et qu’en principe, elle n’avait pas besoin d’aide financière.

Le diplomate est revenu sur la situation de la Libye. Il a ainsi appelé à ce que l’on fasse preuve de patience pour que le pays se consolide. Selon M. Kobler, la Libye n’a jamais été un État. « Il n’y a jamais eu dans histoire de la Libye des institutions fortes ou un État fort », a-t-il expliqué, ajoutant que la société était fragmentée. Ainsi, selon lui, « le Parlement est pratiquement inexistant, il y a un conseil de la présidence qui gouverne, mais n’imprime pas son autorité et dès qu’il y a un vide politique, il y a une intervention de forces militaires ». Il a aussi estimé que le problème dans le pays n’était pas tant religieux, mais lié à « l’argent, au pouvoir et au pétrole ». « On a essayé de créer une armée et une soudure politique, mais l’économie est le nœud du problème », a-t-il révélé. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

REPÈRES
INSTITUTIONNEL
SOCIAL - EMPLOI
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES