L’aide de l’UE destinée à contribuer à la lutte contre la traite des êtres humains en Asie du Sud et du Sud-est s’est révélée « partiellement efficace », a estimé la Cour des comptes de l’UE dans un rapport publié mardi 20 juin.
L'éradication de la traite des êtres humains est nécessairement un processus à long terme. Elle implique de s'attaquer à plusieurs causes profondes (par exemple l'inégalité entre les sexes, la pauvreté, les droits des minorités, l'éducation et la santé) et d'interrompre les activités des réseaux criminels. En raison de la complexité de la situation, de la multitude de priorités à grande échelle et des ressources limitées, l'UE s'est avérée partiellement efficace dans son soutien à la lutte contre la traite des êtres humains en Asie du Sud et du Sud-Est, selon la Cour. En avril 2017, « la Commission n'avait publié aucune évaluation globale des résultats obtenus dans le cadre de la stratégie anti-traite, et elle n'avait pas non plus présenté de cadre stratégique de lutte contre la traite pour l'après-2016 », regrettent les auditeurs. L'aide de l'UE a représenté 31 millions d'euros sur la période 2009-2015.
Les auditeurs constatent que les projets examinés en Asie du Sud et du Sud-Est ont donné quelques résultats positifs en matière de lutte contre la traite des êtres humains. Mais deux tiers environ des projets de l'échantillon étaient affectés par des faiblesses en ce qui concerne la formulation d'objectifs et/ou d'indicateurs et certaines faiblesses de conception n'ont pas été corrigées en temps utile.
La lutte contre la traite des êtres humains en Asie du Sud et du Sud-Est a connu une amélioration globale, qu'il est toutefois difficile de lier à des actions spécifiques de l'UE (tant du point de vue des financements alloués que de celui des résultats obtenus), conclut la Cour. Selon des données communiquées dans un rapport du gouvernement des États-Unis sur la traite des personnes, les pays qui ont évolué de manière positive sont le Bangladesh, le Cambodge, l'Inde, les Philippines et le Pakistan, tandis que la situation est restée inchangée dans quatre pays (l'Indonésie, le Népal, le Myanmar et le Viêt Nam) ou s'est dégradée dans un pays seulement (la Thaïlande), au cours de la période couverte par l'audit. (Lionel Changeur)