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Bulletin Quotidien Europe N° 11786
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

La reprise atteint tous les États membres et devrait se poursuivre à un rythme régulier

Les prévisions économiques de printemps de la Commission témoignent de l'embellie économique dont bénéficient, certes à des degrés divers, tous les pays de l'Union européenne. La reprise économique devrait conserver un rythme relativement régulier en 2017 et 2018.

« L’économie européenne entre dans sa 5ème année de croissance ininterrompue malgré les incertitudes politiques et géopolitiques auxquelles elle est confrontée et les défis économiques qu’elle doit relever », s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, devant la presse.

La Commission prévoit une croissance dans tous les pays de l’Union européenne pour 2017 et 2018. La croissance moyenne au niveau de la zone euro serait ainsi de 1,7% du PIB pour 2017 et de 1,8% du PIB 2018. Au niveau de l'UE, la croissance serait de 1,9% du PIB sur ces deux années.

Ce retour à l’activité économique s’explique, selon M. Moscovici, par plusieurs facteurs : une politique monétaire expansionniste, une politique budgétaire neutre, une confiance des ménages et des entreprises, une reprise graduelle de l’économie mondiale et des créations d’emploi.

Le commissaire a cependant affirmé que l’économie de l’UE resterait pendant quelques temps « bridée par les obstacles hérités de la crise », notamment par le fort taux d’endettement.

Première conséquence des bonnes nouvelles économiques pour la Commission : l’emploi se porte de mieux en mieux en Europe. Ainsi, pour la zone euro, l’institution européenne prédit un taux de chômage moyen de 9,4% en 2017 et de 8,9% en 2018, soit le niveau le plus bas depuis 2009. Mais d’importantes disparités demeurent. En 2017, 4,0% de la population active sera sans emploi en Allemagne en 2017, contre 22,8% en Grèce.

Autre bonne nouvelle selon M. Moscovici : l’état des finances publiques des pays de l’Union européenne « continuerait de s’améliorer en 2017 et 2018, même si c’est à un rythme un peu plus lent que celui des années précédentes », en raison des efforts qui ont déjà été faits les années précédentes. La dette moyenne des pays de la zone euro passerait ainsi de 91,3% du PIB en 2016, à 90,3% du PIB en 2017 et 89,0% du PIB en 2018.

Mais là encore, d’importantes disparités demeurent, l'endettement public en Allemagne diminuant à 65,8% du PIB alors que la dette publique amorcerait une décrue à 178,8% du PIB en Grèce. Quatre pays de la zone euro auront une dette équivalente à plus de 100% du PIB cette année : la Grèce, l'Italie (133,1% du PIB), le Portugal (126,2%) et la Belgique (105,6%).

Finaliser les négociations entre Athènes et ses créanciers. Concernant la Grèce, Pierre Moscovici s’est d’abord félicité d’un retour à la croissance en 2016 et d’une prévision de forte croissance pour les années 2017 et 2018 (respectivement 2,1% et 2,8% du PIB). Les prévisions pour 2017 ont cependant été revues à la baisse par rapport aux prévisions économiques d’hiver (+2,7% du PIB) à cause du retard pris dans la finalisation de la 2ème mission de suivi du 3ème plan de sauvetage. Le commissaire a d’ailleurs ajouté que « la croissance de la Grèce est alignée sur les avancées et retard du programme ». C’est une des raisons pour lesquelles la Commission presse les parties à conclure cette deuxième revue (EUROPE 11784).

M. Moscovici a souligné les performances budgétaires grecques, avec un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de +4,2% du PIB pour 2016, alors que l’objectif fixé était +0,5% du PIB. La Commission européenne s’est, en outre, déclarée confiante quant au fait que les autorités grecques atteignent l’objectif de 1,75% du PIB et de 3,5% du PIB d’excédent budgétaire primaire en 2017 et 2018.

Le commissaire a enfin refusé de s’exprimer sur une possible sortie de la procédure de déficits excessifs, dont il sera question le 17 mai. Ce sujet fait l'objet d'une réflexion au sein de l'institution européenne mais il n'a toutefois pas encore été tranché (EUROPE 11773). Envoyer un tel signal quelques jours avant la tenue de l'Eurogroupe, lundi 22 mai, constitue-t-il le meilleur moyen de convaincre certains créanciers réticents de la nécessité d'adopter des mesures d'allègement de la dette grecque à moyen terme ?

Le Royaume-Uni tient bon malgré les incertitudes. Le Royaume-Uni semble résister aux incertitudes qu'engendre la perspective du Brexit. Ainsi, d’après les dernières estimations de la Commission, la croissance britannique « s’établirait à 1,8% du PIB » cette année, a indiqué M. Moscovici. La demande interne ayant cependant été un des moteurs-clef de la croissance en 2016, avec une augmentation de 2,8% par rapport à 2015, son affaiblissement dû à une hausse des prix plus rapide que celle des salaires nominaux aura sans doute un impact à la baisse sur la croissance en 2018 (+1,3% du PIB). Les investissements productifs devraient de même stagner en 2017 et 2018, en raison des incertitudes qui pèsent sur le retrait du Royaume-Uni de l’UE. À l’inverse, la dépréciation de la livre sterling devrait être favorable aux exportations.

Performance convaincante de l'Espagne. Enfin, M. Moscovici s’est dit satisfait des résultats économiques espagnols. L'Espagne, qui bénéficie d'une forte croissance, fait encore l'objet - avec la France (voir autre nouvelle) - d'une procédure pour déficit excessif.

Avec une croissance plus importante qu’espérée pour le premier trimestre 2017 (+0,8% du PIB), la Commission a revu ses prévisions de croissance à la hausse, à savoir +2,8% du PIB en 2017 et 2,4% du PIB en 2018. Et le PIB espagnol devrait cette année être supérieur à celui enregistré avant la crise économique.

Le commissaire a rappelé qu’un des principaux moteurs de l’économie espagnole était la demande intérieure, bien que celle-ci risque de ralentir dans les prochains mois. Malgré un léger ralentissement des créations d’emplois anticipé par la Commission européenne pour les années 2017 et 2018, le taux de chômage devrait passer sous la barre des 16% l’an prochain, soit le niveau le plus faible depuis 2009.

Enfin, en raison des prévisions de réduction du déficit espagnol en 2017 et 2018, respectivement de 3,2 et 2,6% du PIB, Pierre Moscovici s’est dit optimiste quant à une sortie de procédure de déficit excessif l’an prochain. (Lucas Tripoteau)

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