La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a confirmé, jeudi 11 mai, avoir adressé le jour même, au nom des 28 États membres de l'UE, un courrier faisant part à l'administration du président américain, Donald Trump, des préoccupations du bloc européen concernant la démarche adoptée par Washington en vue de remédier au déficit commercial américain à l'égard de pays européens.
« Nous sommes préoccupés par certaines mesures venant de l'administration américaine. Les États membres sont préoccupés et nous (la Commission, NDLR) sommes aussi préoccupés. Nous avons soumis à l'administration américaine une réponse au nom des 28 États membres où nous soulignons que l'UE a une politique commerciale unique et que les déficits commerciaux divergents à l'égard des pays ne peuvent pas trouver leur origine dans des mesures de politique commerciale », a expliqué Mme Malmström devant la presse à l'issue de la réunion des ministres du Commerce de l'UE, jeudi.
« Nous comprenons que les États-Unis veulent examiner cela, mais nous estimons très fortement que le déficit n'est pas une mesure précise pour évaluer les conséquences des échanges ou de l'ouverture commerciale », a ajouté la commissaire.
M. Trump, a signé, fin mars, deux décrets (executive orders) visant à examiner les causes et les pays responsables du déficit commercial américain. Ces décrets ciblent les partenaires des États-Unis de l'accord de libre-échange nord-américain (ALENA) - le Canada et le Mexique -, mais aussi la Chine et d'autres économies industrialisées, dont l'Allemagne, la France et l'Italie, pour l'UE (EUROPE 11760).
M. Trump a signé un autre décret, fin avril, sur les 'abus et violations des accords commerciaux' demandant à son administration de procéder à l’examen de tous les accords commerciaux signés par les États-Unis et des conséquences de l'adhésion de son pays à l'OMC pour déterminer les causes de son déficit commercial à l'égard des autres pays (EUROPE 11782). (Emmanuel Hagry)