La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le chef de la diplomatie norvégienne, Børge Brende, ont souligné, jeudi 4 mai à Bruxelles, le « très fort engagement » de l'UE et de la Norvège pour relancer le processus de négociations politiques pour régler le conflit israélo-palestinien sur la base d'une solution à deux États.
« Il y a un très fort engagement de l'UE et de la Norvège, mais les efforts des bailleurs de fonds (pour l'assistance à l'économie et au peuple palestinien, NDLR) seuls ne permettront pas de régler la crise. Ce qui compte désormais c'est que tout soit fait pour que le processus politique soit relancé sur la base de négociations (entre Israéliens et Palestiniens) et une solution à deux États », a expliqué Mme Mogherini, avant la réunion annuelle du comité ad hoc de liaison (AHLC) pour l'assistance du peuple palestinien, qui réunit les représentants des pays de l'UE, des États-Unis, de la Russie, des acteurs du Moyen-Orient et des organisations onusiennes.
« L'UE et la Norvège peuvent avoir un pouvoir d'attraction pour toutes les parties de relancer ces négociations et d'encourager les acteurs ici, non seulement sur les aspects financiers, mais aussi sur le processus politique, à un moment où de nouveaux développements politiques se profilent », a ajouté la Haute représentante.
« Il est très important de donner de l'espoir, ce qui n'est possible que s'il y a un horizon politique. Ce qui est important, c'est que le processus aille de l'avant, et que l'on relance la croissance économique et les emplois pour donner des perspectives aux Palestiniens. Des opportunités d'investissement sont nécessaires, il faut que les bailleurs de fonds avancent plus d'engagements pour soutenir le développement économique et social palestinien », a renchéri M. Brende.
« Nous devons faire un effort collectif (dans le cadre du comité AHLC). C'est la seule instance où un ministre israélien et un ministre palestinien se réunissent et rencontrent leurs partenaires internationaux. C'est un forum trés pertinent », a poursuivi Mme Mogherini.
« Le processus de paix au Proche-Orient reste une priorité fondamentale de l'UE. Une solution à deux États est la seule voie viable amenant à une paix juste et durable. Ce cheminement est essentiel. Les Israéliens et les Palestiniens doivent inverser les tendances négatives. Les constructions de colonies doivent s'arrêter, il faut arrêter l'incitation à la violence, résorber les divisions en Palestine et répondre à la situation humanitaire et de sécurité à Gaza », a-t-elle ajouté
« Il faut surmonter l'impasse. Mais, nous devons dresser un nouvel horizon politique avec une solution politique à deux États et en dessiner les contours », a insisté M. Brende.
« La situation sur le terrain actuellement n'est pas bonne, il y a de gros défis qui ne sont pas faciles à relever, mais il y a aussi des pistes d'espoir », a ajouté Mme Mogherini, se disant « encouragée » par la réunion, la veille à Washington, entre le président américain, Donald Trump, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Réagissant à la récente annonce par le Hamas qu'il accepterait les frontières de 1967 dans le cadre d'un État palestinien, Mme Mogherini a dit « attendre les conséquences politiques pratiques » qui découlent de cette « position qui apporte un complément à une position antérieure », dont elle a dit juger « certains éléments intéressants ». (Emmanuel Hagry)