Dans un projet de résolution adopté par 31 voix pour, 6 voix contre et une abstention, jeudi 4 mai, la commission du commerce international du Parlement européen a soutenu la proposition de la Commission d'octroyer une assistance macro-financière de l'UE à la Moldavie, en plaidant toutefois pour la suspension des paiements si les conditions ne sont pas remplies.
Dans leurs amendements à la proposition de la Commission d'une combinaison de subventions et de prêts d'une valeur de 100 millions € pour soutenir les besoins financiers extérieurs d'une Moldavie en pleine tourmente économique et politique (EUROPE 11703), les députés suggèrent que l'assistance macro-financière soit subordonnée à l'engagement des autorités moldaves de gérer sainement les finances publiques, lutter contre la corruption et le blanchiment de capitaux, dépolitiser l'administration publique et garantir l'indépendance du pouvoir judiciaire et la liberté des médias.
Les députés demandent que ces conditions soient liées au paiement de chaque versement et que la Commission suspende temporairement ou annule les paiements si elles ne sont pas remplies.
« La Moldavie a besoin du soutien de l'UE pour faire face à ses difficultés macro-économiques. L'UE doit rester un partenaire fiable d'un pays qui se transforme en société plus juste et est gouverné efficacement et de manière transparente », a commenté le rapporteur, le Roumain Sorin Moisa (S&D).
La commission du commerce international a décidé d'engager des négociations avec le Conseil sur la base de ce mandat, négociations qui pourront avoir lieu si le PE confirme ce mandat à la session plénière de mai.
Le Conseil a marqué un accord, au niveau des ambassadeurs (Coreper), le 12 avril, sur sa position de négociation relative à l'assistance macrofinancière à la Moldavie (EUROPE 11767).
Cette assistance, qui pourrait aller jusqu’à 100 millions € dont 60 millions € de prêts et 40 millions € de subventions, vise à soutenir le programme moldave de stabilisation économique et de réforme structurelle, en aidant le pays à couvrir ses besoins de financement externe au cours des deux prochaines années. Elle s’ajouterait aux ressources du FMI et d’autres institutions multilatérales. (Emmanuel Hagry)