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Bulletin Quotidien Europe N° 11780
ACTION EXTÉRIEURE / AlgÉrie

Prudence européenne face à une échéance électorale sensible

Les Algériens se rendent aux urnes jeudi 4 mai 2017 pour le renouvellement de leur parlement (ANP, Assemblée nationale populaire) et l’UE a délégué pour la circonstance une « mission d’experts » chargée d’évaluer les préparatifs, les résultats et enfin pour juger de l’équité du processus.

La mission a pour objectif d'« étudier le cadre électoral » - et non de faire de l’observation électorale – « à la fois sur le plan légal, administratif, le fonctionnement de la nouvelle ‘Haute Instance Indépendante de Surveillance des Élections’ et ses rapports avec le Ministère de l'Intérieur », nous a expliqué une source européenne autorisée.  Entamée dès le 4 avril, cette mission permettra également d'évaluer l’activité des médias dans le contexte électoral comme celui de la société civile, et le rôle dévolu aux femmes dans le processus.

Les experts produiront à terme des « rapports internes, non publics » à destination de Bruxelles, « sous forme d'une mise à jour de ceux faits par la mission d'observation électorale de l'UE » des précédentes élections législatives en 2012. La référence n’est pas anodine et illustre le degré de prudence que s'impose l’UE dans ses rapports politiques avec une Algérie très sensible aux critiques sur sa politique intérieure.

En réalité, la distinction entre « mission d’experts » et non « mission d’observation électorale » s'explique par la réception tardive de l’invitation officielle algérienne. « Quatre mois au minimum sont nécessaires pour organiser une telle mission » impliquant le parlement européen, comme ce fût le cas en 2012, où son président, l’eurodéputé PPE espagnol, José Salafranca, s’était trouvé au centre d’une controverse et n’avait pu mener sa mission correctement. D’où, en avril 2014, (EUROPE 11031) la position de l’UE de ne pas s'impliquer dans un exercice où il n'y avait « que des coups à prendre ». Et ce sont les mêmes raisons, invoquées encore cette année, pour ne pas être présents autrement que sous la forme d’une simple mission à caractère technique.

L’équipe de quatre experts a rencontré notamment le président du Conseil constitutionnel et les médias, ainsi que certains partis politiques. D’autres partis en revanche ont refusé toute entrevue. Le Rassemblement pour la culture démocratique (RCD) - formation berbériste considérée comme une des plus significatives de la scène algérienne - a, par exemple, motivé son refus en raison des limites de cette mission d’observation qui ne fera, selon un communiqué de ce parti, qu'« apporter la caution de l’UE » à des élections dont le résultat le plus attendu sera celui de l’abstention. Sans compter la sensibilité du contexte lié à la transition politique en suspens : la succession du président Abdelaziz Bouteflika. Le RCD affirme avoir eu des contacts avec l’UE pour une observation du processus électoral visant à prévenir d’éventuelles fraudes, mais ces travaux communs n’ont pas eu de suite, selon ce parti. (Fathi B’Chir)

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