Une étape a été franchie, mardi 25 avril à Strasbourg, vers la création formelle du Fonds européen de développement durable (EFSD), destiné à favoriser les investissements dans le secteur privé en Afrique et dans les pays du voisinage de l’UE et à juguler ainsi les flux migratoires en provenance de ces pays.
Les députés membres des commissions des affaires étrangères, du budget et du développement du Parlement européen ont conjointement exprimé leur soutien à ce nouvel instrument de l’UE, proposé en septembre 2016 par la Commission européenne pour lever 44 milliards d’euros d’investissements en Afrique, pour commencer, avec un budget initial de 3,35 milliards d'euros (EUROPE 11680).
Priorité aux pays les plus pauvres. Par leur vote (75 voix pour, 9 contre, 5 abstentions), ils ont amendé le projet, afin notamment que ce fonds d'investissement extérieur ait pour vocation première l’éradication de la pauvreté et se concentre donc sur les pays les plus pauvres afin d'améliorer les conditions de vie des populations locales. Stimuler l’emploi, la croissance et la stabilité dans les pays les moins avancés devrait permettre, selon eux, de s’attaquer efficacement aux causes profondes de la migration.
Les députés demandent aussi que l’EFSD se concentre sur les petites et moyennes entreprises et que les projets qu’il soutiendra respectent le droit du travail et l’environnement. Ils souhaitent que les populations locales aient leur mot à dire et puissent, le cas échéant, avoir accès à un mécanisme leur permettant d’enregistrer leurs plaintes, si un projet s’exerçait à leur détriment.
Les députés souhaitent en outre que le Parlement ait, lui aussi, un droit de regard sur les dépenses, grâce à un statut d'observateur dans le conseil d'administration stratégique du Fonds et que la couverture géographique des pays partenaires destinataires ne puisse être modifiée sans son consentement.
Les négociations en trilogue vont pouvoir débuter avec le Conseil et la Commission pour finaliser les modalités détaillées de ce Fonds en vue d’un accord en première lecture. (Aminata Niang)